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BRUMATH

BRÈVE HISTOIRE DE BRUMATH

     LA CAPITALE DES TRIBOQUES
     Brumath devient dès l'âge de fer un important centre de colonisation celte. Au V° av. JC s'installent les Triboques et la cité de Brocomagus se développe au point de devenir sous les Romains la capitale civile d'une vaste région, loin devant Strasbourg. Construite sur plan rectangulaire typique des Romains, elle possède son sanctuaire, son forum, ses thermes. Mais elle est dévastée en 354 par les Alamans.
     Après la défaite d'Arioviste, battu par Jules César en 58 av. J.C, les Triboques sont autorisés par les Romains à s'établir définitivement sur la rive droite du Rhin. La Basse Alsace devient la Civitas Tibocorum (la Cité ou le District) des Triboques dont la capitale est Brocomagus, du nom que lui donne l'un des plus célèbres géographe de l'Antiquité, Claude Ptolémée. Pendant près de quatre siècles Brumath se développe dans le sillage de la paix romaine. De cette époque, les nombreux vestiges mis à jour, témoignent de l'importance de la cité. Mais quand l'Empire romain chancelle, Brocomagus s'éteint. Ballottée entre Alamans et Francs, puis convoitée et exploitée réciproquement par des princes laïques et ecclésiastiques, Brumath ne peut s'affirmer.      
     
     DES SIRES DE WERD AUX HANAU-LICHTENBERG
     Au XII° le lieu est donné aux sires de Werd, Landgraves de Basse-Alsace. Pendant une courte période, sous leur domination, Brumath connaît une certaine prospérité. Mais au XIV° siècle, les Sires de Werd cèdent la cité aux Lichtenberg, qui, à leur tour, le cèdent en partie aux Fénétrange et aux Linange. Un Linange décide de s'approprier en 1389 toute la cité : au cours de l'assaut, elle est totalement détruite par le feu.
     La ville passe ensuite aux Bitche-Deux-Ponts. À leur extinction, les Hanau-Lichtenberg reçoivent la ville qui passe immédiatement à la Réforme. En 1592, lors de la « Guerre des Evêques » les Lorrains ravagent Brumath. Elle se relève pour être à nouveau ruinée lors de la guerre de Trente Ans. Ce n'est qu'après la signature des traités de Westphalie que Brumath, lentement, se relève pour panser ses plaies. 

     LA COUR DE MARIE-CHRISTINE DE SAXE 
     En devenant propriété du Compte de Hanau-Lichtenberg, Seigneur allemand, « Prince possessionné » en Alsace vassal du Roi de France, Brumath est débarrassée de toutes traces d'architecture militaire. Là où jadis se trouvait un château-fort, Jean Renard III de Hanau-Lichtenberg fait construire un magnifique château de résidence. Le même qui, aujourd'hui abrite l'église protestante du Château. Brumath est repeuplée par des Suisses. L'héritière des lieux, la fille du Comte de Hanau-Lichtenberg, décède à l'âge de 26 ans. Le château ne sera jamais habité par ses propriétaires. L'unique châtelaine qui résidera à Brumath sera une locataire : Marie-Christine de Saxe, abbesse de Remiremont, s'y installe en 1775 et y attire en été une élite intellectuelle venue de toute l'Europe. Après sa mort en 1782 le château est abandonné. La Révolution se chargera de le piller et le détruire.
     Après la tourmente révolutionnaire, à l'approche de la deuxième moitié du XIX° siècle, Brumath connaîtra une florissante période d'urbanisme. C'est l'époque où se construisent la mairie, les bâtiments de la Cour du Château, l'église Saints Nazaire-et-Celse, la Synagogue, la villa Coulmann à la Grafenbourg. Mais, le 9 juin 1871, le Second Empire s'effondre et l'Alsace devient allemande. De cette époque date le bâtiment style néo-renaissance du Tribunal d'Instance. 

     LE CANTONNEMENT DU SOLDAT JEAN-PAUL SARTRE 
     La période entre les deux guerres mondiales sera marquée par quelques événements importants, dont l'installation à Brumath du premier poste émetteur de radio PTT Strasbourg. Des artistes tels que Gustave Stoskopf et plus tard Georges-Daniel Krebs, par leur talent, exportent très loin le nom de notre cité. Un autre fils Krebs, l'ingénieur Charles-Edouard, porte le nom de Brumath au-delà des frontières du vieux continent. Mais déjà, les signes précurseurs de la deuxième guerre mondiale pointent à l'horizon. Les premiers mobilisés brumathois quittent leur foyer. Des soldats français, parmi eux Jean-Paul Sartre, s'installent dans les écoles. Le 20 juin 1940, les troupes allemandes envahissent Brumath.
     Le 23 novembre 1944, aux environs de 8 heures, le char Évreux du Maréchal des Logis Gelis, du groupement Rouvillois de la 2ème DB du Général Leclerc, amorce la libération. Un mois plus tard, à Brumath, on s'attend au pire. Le déclenchement dans les Ardennes de la dernière grande offensive de l'Allemagne hitlérienne, amène la 553ème « Volksgrenadierdivision » jusqu'à Kilstett et Gambsheim. Brumath est sauvée de justesse par le 2ème Corps d'Armée Française du général Goislard de Monsabert. Ce même Corps d'Armée installe son quartier général à Brumath et élabore là son plan et sa tactique pour franchir le Rhin.

GUSTAVE STOSKOPF DANS SA VILLE DE BRUMATH

     UNE ENFANCE À BRUMATH 
     Gustave Stoskopf est né à Brumath le 8 juillet 1869, d’une famille de tanneurs. Vers 1850, il existait à Brumath trois tanneries sur le cours de la Zorn, appartenant à trois frères : Georges, Daniel et Jacques Goetz. Jacques Goetz avait eu deux filles, Catherine puis Caroline, qui avait épousé Gustave Stoskopf, cinquième fils de Jean-Adam Stoskopf, meunier à Ingwiller. Ce dernier avait continué l’exploitation de la tannerie de son beau-père.
     Les bâtiments, presque tous démolis après l’arrêt de l’exploitation, étaient surmontés d’une haute toiture abritant deux ou trois étages de séchoirs tels qu’on peut en voir encore dans le quartier des tanneurs à Strasbourg. Le seul bâtiment subsistant,  « D’Lohmiehl » (Die Lohmühle) – un local très sombre percé de trois petites fenêtres en plein cintre où un cheval actionnait alors une meule servant à casser les écorces de chêne importées d’Espagne pour le tannage des peaux – a été transformé par l’architecte Gustave Oberthur en maison d’habitation. Demeurent aussi des dépendances – écurie, buanderie, four à pain, ainsi qu’une cave voûtée – très proches de ce qu’elles étaient qu’elles étaient lors de leur construction en 1776.
     La mère du futur peintre et écrivain, Caroline Stoskopf, née Goetz, avait reçu une formation assez privilégiée et veilla à son tour avec beaucoup de soins sur l’éducation de ses enfants. Son second fils, Charles, fut très jeune atteint d’une grave maladie et mourut en 1893 à l’âge de 19 ans. Vieillie prématurément, Caroline Goetz ne vit pas la mort de son fils puisqu’elle disparut deux ans avant lui, en 1891, à l’âge de 49 ans.
     Le jeune Gustave Stoskopf a laissé d’émouvants portraits de son grand-père Jacques Goetz, de sa mère et de son frère Charles, que l’on peut voir aujourd’hui encore dans la maison familiale partiellement transformée en musée.
     Frappés par la précocité du talent de peintre de leur fils, les parents du jeune Gustave Stoskopf, imaginant tout naturellement le voir reprendre la tannerie familiale, s’opposèrent tout d’abord à cette vocation. Ils consentirent cependant à ce que les premiers travaux de leur fils soient soumis à l’arbitrage de Louis Schutzenberger. Il se trouva en effet que ce peintre strasbourgeois de grande renommée, qui avait fait à Paris une belle carrière, passait durant l’été 1886 quelques journées de vacances au moulin de Weyersheim. Le père et le fils Stoskopf, se rendirent au moulin avec un épais carton de dessins ainsi que le portrait du grand-père Goetz. Schutzenberger fut ébloui par ces premiers travaux et supplia le père de ne pas contrarier la vocation de son fils et de l’aider à faire des études de peintre.
     Un an plus tard, sa 18° année révolue, Gustave Stoskopf quitte l’Alsace pour Paris. Mais il ne cessera toute sa vie de revenir au pays natal, fidèlement et tendrement aimé. 

     BRUMATH DANS L'ŒUVRE DE GUSTAVE STOSKOPF

PRÉSENCE DE GUSTAVE STOSKOPF À BRUMATH AUJOURD'HUI

     Brumath n'a conservé que peu de vestiges d'une très longue et brillante histoire.
     Mais la maison de son enfant le plus presstigieux, Charles-Gustave Stoskopf, est demeurée presque intacte et contient aujourd'hui un musée qui lui est consacré. 

     MONUMENTS ET MUSÉES
     – Le Musée archéologique : dans les caves du château de Lichtenberg (devenu église protestante en 1804) est évoqué le glorieux passé de la gallo-romaine Brocomagus, alors capitale de l'Alsace... On peut y admirer un important ensemble de stèles, bronzes, sépultures et céramiques...
     Adresse : Place du Château 67170 Brumath
     – L'orgue de l'église protestante : construit en 1810 par Michel Stiehr et classé monument historique en 1973.
     – La synagogue de Brumath : La première synagogue fut construite en 1801, la synagogue actuelle en 1846. Brumath est siège de rabbinat dès le XIX° siècle. Endommagée et profanée sous l'Occupation, elle fut transformée en dépôt de vivres. Elle sera rendue au culte en 1957. 

     LA MAISON DE GUSTAVE STOSKOPF
     La maison natale de Gustave Stoskopf est située 8, rue des Bains (D' Badgass). Sur les plans cadastraux anciens, ce quartier de Brumath dépassant de quelques centimètres à peine le niveau des hautes eaux, s'appelait « Im Grünen Bruch » (Au Marais Vert) ou encore « Im Riedel ». En enlevant l'enduit qui recouvrait la façade sur rue, Charles-Gustave Stoskopf, fils de l'écrivain et lui-même architecte de renom, a rendu à la maison son aspect primitif. Comme beaucoup de maisons en pans de bois, elle avait été défigurée à la fin du XIX° siècle par un crépi dit « tyrolien ». 
     Un très large ensemble d'œuvres et documents de et sur Gustave Stoskopf ont été rassemblés par ses enfants en un fonds que l'on est convenu d'appeler le « Musée Gustave Stoskopf ». Concernant les œuvres de jeunesse, de 1886 jusqu'en 1896, de nombreux documents sont conservés. La collection comporte de nombreux portraits, peints ou dessinés, tous signés et datés. Elle comporte également  un certain nombre de paysages qui, en revanche, ne portent que rarement l'année de leur origine. D'importantes archives photographiques ont pu être retrouvés concernant les œuvres peintes entre 1920 et 1939. Stoskopf, exposant alors dans les Salons parisiens, les avait fait exécuter par les meilleurs spécialistes de l'époque. En revanche, il existe très peu de photographies des portraits exécutés au cours des trois dernières années de sa vie. 
 

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