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Prix Européen de Littérature
2008
Tadeusz ROZEWICZ
(POLOGNE)
Texte © ACEL
BIBLIOGRAPHIE
L’œuvre complète (Utwory zebrane) de Tadeusz Rozewicz, en douze volumes, a paru aux éditions Wydawnictwo Dolnoslaskie, à Wroclaw, en 2006.
POÉSIE
Niepokój (Inquiétude), 1947.
Czerwona rekawiczka (Le gant vert), 1948.
Piec poematów (Cinq grands poèmes), 1950.
Czas który idzie (Le temps qui vient), 1951.
Wiersze i obrazy (Poèmes et images), 1952.
Równina (Le plaine), 1954.
Srebrny klos (L’Épi d’argent), 1955.
Usmiechy (Sourires), 1955.
Poemat otwarty (Poème ouvert), 1956.
Formy (Formes), 1958.
Rozmowa z ksieciem (Entretien avec le prince), 1960.
Zielona róza (La rose verte), 1961.
Glos Anonima (La voix de l’Anonyme), 1961.
Nic w plaszczu Prospera (Rien en manteau de Prospero), 1962.
Twarz (Le visage), 1964).
Regio (Regio), 1969).
Bez tytulu (Sans titre), 1976.
Duszyczka (Amelette), 1977).
Opowiadanie traumatyczne (Récit traumatisant), 1979.
Na powierzchni poematu i w srodku (À la surface du poème et en lui), 1983.
Plaskorzezba (Le Bas-relief), 1991.
Zawsze fragment (Toujours un fragment), 1996.
Zawsze fragment. Recycling (Toujours un fragment. Recycling), 1998).
Nozyk profesora (Le couteau du professeur), 2001.
Szara strefa (La zone grise), 2002.
Wyjscie (L’Issue), 2004.
Cóz z tego ze we snie (Qu’importe si c’est en rêve), 2006.
PROSE
Opadly liscie z drzew (Les feuilles sont tombées), 1955.
Przerwany egzamin (Examen interrompu), 1960.
Wycieczka do muzeum (L’excursion au musée), 1966.
Moja córeczka (Ma petite fille), 1964.
Smierc w starych dekoracjach (La mort dans de vieux décors), 1970.
Przygotowanie do wieczoru autorskiego (Préparation à une soirée d’auteur), 1971.
Matka odchodzi (Ma mère s’en va), 1999.
THÉÂTRE
Kartoteka (Le fichier), 1960.
Grupa Laookona (Le groupe de Laocoon), 1961.
Swiadkowie albo nasza mala stabilizacja (Témoignage ou notre petit confort), 1962.
Smieszny staruszek (Un drôle de petit vieux), 1964.
Akt przerywany (Acte interrompu), 1964.
Wyszedl z domu (Disparition), 1964.
Pogrzeb polski (Enterrement polonais), 1964.
Moja córeczka (Ma petite fille), 1966.
Spagetti i miecz (Les spaghettis et le glaive), 1967.
Stara kobieta wysiaduje (La vieille femme reste assise), 1968.
Przyrost naturalny (La natalité), 1968.
Teatr niekonsekwencji (Théâtre sans suite, essais), 1970.
Na czworakach (À quatre pattes), 1971.
Biale malzenstwo (Le mariage blanc), 1974.
Odejscie glodomora (Le départ du crève-la-faim), 1976.
Do piachu (Au sable), 1979.
Pulapka (Le piège), 1982.
TRADUCTIONS
L’œuvre de Rozewicz a été abondamment traduite dans le monde entier : 116 volumes ont été publiés dans 31 langues. En 2006, un large choix de ses poèmes a paru en chinois en deux volumes. Son théâtre a été monté dans 34 pays (210 mises en scène).
Largement traduite en particulier en anglais et en allemand, l’œuvre de Rozewicz est encore très peu disponible en traduction française : Le piège, suivi de Conversation interrompue, Éd. Théâtrales, 1993, trad. A. Van Crugten. Théâtre, L’Âge d’Homme, 2005. Anthologie personnelle, Actes Sud, 1990, trad. G. Lisowski et A. Kosko. Inquiétude, Buchet Chastel, 2005, trad. G. Erhard.
OUVRAGES PUBLIÉS DANS LE CADRE DU PRIX
Regio et autres poèmes (Arfuyen, 2008), bilingue polonais-français, traduit du polonais par Claude-Henry du Bord et Christophe Jezewski.
Texte © ACEL
DISCOURS
DISCOURS DE RÉCEPTION DU PRIX EUROPÉEN DE LITTÉRATURE
PRONONCÉ PAR TADEUSZ ROZEWICZ
LE SAMEDI 1er MARS 2008 À STRASBOURG
Traduit du polonais par Christophe Jezewski et Claude-Henry du Bord
Le 15 septembre 1829, notre poète – Adam Mickiewicz – s’est trouvé à Strasbourg avec son jeune ami Edward Odyniec. Dans une lettre envoyée en Pologne, Odyniec écrivait : « Strasbourg est célèbre par deux choses dans le monde : sa cathédrale et son foie gras » et comme il est plus facile d’entamer le foie gras que la cathédrale, Odyniec décrivit d’abord le foie gras, sa production et les truffes... Odyniec décrivit le nourrissage des oies et leur supplice... et enfin le goût de cette spécialité.
Dans la deuxième partie de sa lettre, Odyniec décrivit la cathédrale, surtout sa tour : « sa hauteur est de 490 pieds et son premier architecte fut Erwin von Steinbach »...
Je ne vais pas vous résumer la totalité de la lettre écrite par Odyniec en 1829. Je dois glisser quelques mots sur moi-même.
Il y a bien d’années, j’étais moi aussi de passage à Strasbourg pour un bref séjour, peut-être deux ou trois jours... je sais que je me suis rendu à la cathédrale, à l’église Saint-Thomas et dans la vieille ville. Je ne suis pas monté au sommet de la tour bien que j’aie su que Goethe lui-même y avait mis son courage à l’épreuve et surmonté son agoraphobie.
J’ignore s’il n’y pas, à présent, un commode ascenseur pour les touristes...
D’ailleurs, vous pouvez le vérifier par vous-mêmes. Si tant est que l’on puisse tomber amoureux d’une tour, j’en suis, moi aussi, tombé amoureux... en tant qu’admirateur, pour ne pas dire adorateur, des deux plus grands poètes romantiques d’Europe.
J’avoue en revanche que j’ai honte de ne jamais avoir mangé de foie gras strasbourgeois, élaboré à partir de foies d’oies tourmentées et suppliciées... j’avoue aussi avec honte que je n’ai jamais vu ni mangé de truffes bien que je sache que des gens de haute culture et les politiques en raffolent...
La mystique et la métaphysique de la cuisine, la métaphysique et la mystique de la poésie et de l’architecture font partie du menu spirituel de l’homme contemporain et sont toutes également valables.
Un vieux noble polono-allemand, Frédéric Nietzsche a dit, semble-t-il, que la philosophie et la pensée dépendent de ce que l’on mange... Autrement pense et philosophe celui qui mange du boudin noir avec du chou et de la bière, et autrement un gourmet qui consomme du foie gras et des truffes avec du champagne !
Je ne sais pas ce qui est le plus sain pour les poètes, car au cours des dernières années du XX° siècle, j’ai perdu l’appétit... et puis est venu le XXI° siècle – j’ai vécu assez longtemps pour voir le temps où Harry Potter chasse des têtes et des cœurs Homère, et King Kong Apollon...
On avait coutume de dire autrefois que le poète est prêtre et pitre à la fois. Nietzsche a écrit quelque part : « Nur Narr, nur Dichter » : « Seulement pitre, seulement poète »... et ainsi de suite, ainsi de suite...
J’ai commencé la 87° année de ma vie, j’écris des poèmes depuis soixante-dix ans... et je ne sais pas qui est poète... mais je sais que je ne suis ni prêtre ni pitre.
Je suis un homme, un homme qui écrit des poèmes.
Texte © ACEL
DOCUMENTS
SEPT POÈMES
DE TADEUSZ ROZEWICZ
Traduits du polonais par Vladimir Fisera
Le père
Voici que me traverse le cœur
mon vieux père
Il n’a pas économisé dans sa vie
pas rajouté
graine à graine
pas acheté de maison
ni de montre en or
L’argent ne cessait de rouler
Il vivait tel un oiseau
chantait
d’un jour à l’autre
mais
dites-moi est-ce qu’un p’tit fonctionnaire
peut vivre ainsi
pendant tant d’années
Voici que me traverse le cœur
mon vieux père
avec son vieux chapeau il sifflote
une chanson gaie
Et croit fermement qu’il ira au ciel
(1954, traduction inédite)
*
Devoir à faire à la maison
Devoir à faire à la maison
pour un jeune poète
Ne décris ni Paris
ni Lvov ni Cracovie
Décris ton visage
de mémoire
pas d’après le miroir
Dans le miroir tu peux confondre
la vérité et son image
Ne décris pas un ange
mais l’homme
que tu as croisé hier soir
Décris ton visage
et partage avec moi
son expression changeante
Dans la poésie polonaise
je n’ai pas encore lu
de bon autoportrait
Écrit au début des années 1990 (traduction inédite)
*
Au mitan de la vie
Après la fin du monde
après la mort même
je me retrouve au mitan de la vie
en train de me recréer construisant la vie
les gens les objets les paysages
C’est une table, dis-je,
une table
Cela du pain et un couteau
sur la table
Le couteau, c’est pour couper son pain
Les gens mangent du pain
Il faut aimer l’homme
apprendre ça par cœur
Qui doit-on aimer ?
– L’homme, répondis-je
C’est une fenêtre dis-je
une fenêtre
et un jardin devant la fenêtre
et dans le jardin, je vois un pommier
Le pommier fleurit
les fleurs tombent les fruits se forment
mûrissent
Mon père cueille une pomme
Un homme cueille une pomme :
mon père
J’étais assis sur le seuil de ma maison
Cette femme vieille
qui traîne une chèvre
est plus nécessaire
et plus précieuse
que les sept merveilles du monde
Celui qui pense qu’elle n’est pas nécessaire
est un criminel de guerre
Publié dans Bulletin de la Lettre internationale, n°4, janvier 1996
*
Prédication pour l’an 2000
Des mots non créés
attendent encore
leurs poètes
des mots non créés
aujourd’hui chacun
écrit ce que la salive
lui dépose sur la langue
(et même davantage)
mots non créés
dans les têtes dissimulés
qui attendent leur moment
derrière chaque tournant
de l’histoire, dans la rue
il y a un Rimbaud, un voyant
mais pour le poète « culturel »
cela, cela n’existe pas
il a peur du vers raté
il attend, gagne du temps
jusqu’à ce que quelqu’un d’autre
le fasse pour lui
meilleur, pire,
n’importe qui
alors tout cela
il le noie
dans du bagout
le saupoudre de « légère ironie »
de culture et de bon goût
mots non créés
vanités (comme disait le Père)
qui attendent leurs poètes,
cachés dans la rhétorique, la poésie
toutes les chances sont les nôtres
d’écrire et de parler
d’un mot à l’autre
deux, trois, dix mille
au-delà de l’an 2000
mon vers le meilleur
n’est pas encore écrit
cela sonne comme une promesse
et une menace à l’adresse
des poètes de Varsovie
mais peut aussi les réjouir
le fait que mon vers le pire
soit resté lui aussi
non écrit
en ce moment je lis
de vieux journaux,
dans ma cuisine préside
un poète émérite.
(Publié dans Lettre internationale, n°2, printemps 2000)
Texte © ACEL
REVUE DE PRESSE
Entretien avec Tadeusz Rozzewicz
Poésie numéro spécial Littérature polonaise (01/01/2004) par Stanislaw BERES
Stanislaw Beres – Depuis peu vous donnez accès à vos manuscrits. Vos lecteursdécouvrent que le nombre de versions auxquelles un texte a droit avant de paraître au grand jour est impressionnant. La gestation dure des semaines, des mois, parfois desannées. Votre travail d’artiste est long et éprouvant. En général, les auteurs n’avouent pas volontiers pareil labeur. J’aimerais connaître la raison qui vous a poussé à nous
permettre de vous voir ainsi au travail.
Tadeusz Rozewicz – Une raison très simple, monsieur. Très souvent des jeunes gensm’interrogent pour savoir si écrire des poèmes vaut la peine, comment les écrire et même s’il est possible de vivre de cette activité. J’ai donc décidé d’entrer en relation avec ceux qui commencent à écrire de la poésie ou rêvent de devenir poète. Mon intention était de les autoriser à jeter un regard sur ce qui s’appelle un atelier d’artiste. Certains parleraient d’une forme d’exhibitionnisme, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Mon livre se propose de montrer comment se fait le travail dans ce domaine difficile. Je souhaite que les lecteurs voient à quoi ressemble cette activité en vrai, chez moi du moins ; il en était peut-être autrement chez un poète comme Konstanty Idelfons Galczynki. Certains auteurs jettent leur poème sur le papier dans sa forme définitive, du premier coup, mais comme vous le voyez ce n’est pas mon cas. En moyenne, mes premiers recueils comme L’inquiétude, Le gant rouge ou La Plaine ont connu dix à vingt rédactions différentes. Un petit poème en avait parfois quinze et il aurait pu donner naissance à une petite plaquette à lui tout seul. (…)
Dans vos textes, vous faites volontiers intervenir le stéréotype du petit vieux, du poèteen charentaises qui mange des gâteaux, boit du thé tiède tandis que sa femme lui sourit. Un poète casanier et paisible alors que la représentation véhiculée par la culturepopulaire est celle du « terrible vieillard », certainement pas du poète en pantoufles.
Moi, je suis un poète réaliste et je pense que la grandeur peut supporter des pantoufles, des éperons, elle peut même aller pieds nus, cela n’a aucune importance. Les accessoires ne décident de rien ! Ce n’est pas sans raison que l’un de mes recueils - il est celui auquel je tiens le plus alors que mes lecteurs l’ont pratiquement oublié - porte le titre de Voix d’un anonyme. Je rêve d’un sculpteur qui saurait imaginer et élaborer un monument
à la poésie, et donc un monument anonyme, pour tous les poètes, un monument qui n’aurait ni le nez de Tuwim, ni les oreilles de… Je ne sais pas, quel auteur avait de grandes oreilles ?
Bruno Schulz
Bruno Schulz, exact. La poésie ne doit pas se matérialiser ainsi. La poésie et son créateur, assis là, devant vous, sont deux choses très différentes. Je ne suis qu’un ustensile bancal prédéterminé par les gênes, le destin, la biologie, l’histoire, la nourriture, l’éducation, pour écrire, mais ce n’est pas l’essentiel. (…)
Il me semble que le monde tel qu’il est représenté dans votre œuvre poétique, nous est livré avec un regard vers l’éternité. Ce monde n’est pas celui saisi au cours d’un bref instant, mais qui, à nos yeux, se veut le modèle de toute notre vie. Nous terminerons cet entretien, nous nous lèverons, ce moment n’existera plus, ni cet conversation, ni cette jeune fille qui dans dix ans, sera une autre personne. N’avez-vous pas envie de l’arrêter ? Je pense à l’instant, bien sûr…
Qu’elle revienne dans dix ans et nous verrons comment elle sera. Disons en 2008. (Avec bienveillance) Cher monsieur, que serait un poète qui ne prêterait aucune attention à ces petites choses ? Un poète y prête attention ! Mickiewicz défiait Dieu dans Les Aïeux et, par ailleurs, il expliquait comment préparer un bon plat de chasse et comment faire le café dans son Messire Thaddée. Un de ses grands adversaires qualifia ce texte poétique, le plus important de la littérature polonaise, de « porchaison de la vie ». Il n’y a rien d’indifférent dans la vie, considérez le mot « détritus » comme une métaphore. Nous sommes entourés par un dépôt d’ordures global. Je m’en suis aperçu plus vite que nos futurologues. J’en ai parlé plus tôt dans mon poème Cela ne peut pas s’arranger. Je l’ai écrit tandis que dans notre pays les événements prenaient bonne tournure, tout s’arrangeait parfaitement dans les têtes et certains de nos critiques disaient méchamment de moi : « lui, il s’arrange pas ». Le reproche était social, idéologique et moral. C’est revenu dans La cartothèque dispersée… l’ordre impossible à retrouver…
Wroclaw 1999 © Editions W.A.B, 2002. Traduit par Anne Fontaine et Maryla Laurent
Texte © Tous droits réservés
Regio et autres poèmes
Exigence Littérature (21/02/2008) par Françoise URBAN-MENNINGER
Texte © Tous droits réservés
Écrire, c'est respirer
La Vie (28/02/2008) par Marie CHAUDEY
À la veille de la remise du troisième Prix Europeen de Littérature, dont la Vie est partenaire, nous vous présentons le lauréat 2008.
Véritable « continent poétique » où la rime est un art très populaire, la Pologne a déjà offert deux grands noms au Nobel - Szymborska et Milosz, dont les œuvres restent largement ignorées en France. C'est un autre grand poète et dramaturge, Tadeusz Rozewicz (prononcez « Roujé-vitz »), que le prix européen de littérature couronne cette année. Un homme qui a révolutionné la poésie polonaise avec un recueil, publié en 1947, au titre emblématique : Inquiétude, une œuvre «foudroyée par le poids de l'Histoire ». La vie de Tadeusz Rozewicz résume à elle seule les bouleversements et tragédies de la Pologne au XX° siècle. Né en 1921 dans une famille modeste, le jeune homme devra arrêter ses études pour gagner sa vie comme ouvrier. La Pologne, qui a recouvré son indépendance en 1918, traverse alors une période de renaissance culturelle. La poésie y fait l'éloge de la vie, de la beauté et du patriotisme, avec un lyrisme échevelé.
Mais deux grandes ombres surgissent en étau à l'horizon, l'Allemagne hitlérienne et la Russie stalinienne. « Les dirigeants polonais vont ainsi préparer l'esprit d'une génération, celle de Rozewicz - qui est aussi celle de Jean Paul II-à affronter avec courage l'épreuve apocalyptique de la Seconde Guerre mondiale », explique le traducteur Christophe Jezewski. À 24 ans, Rozewicz rejoint les rangs de la Résistance dans l'Armée intérieure avec son frère Janusz. Qui sera exécuté par la Gestapo en 1944.
Au sortir de la tragédie, dans un pays dévasté et exsangue - six millions de victimes dont trois millions de juifs -, Rozewicz répond à sa manière au questionnement du philosophe allemand Adorno : si l'on peut encore écrire de la poésie après Auschwitz, c'est en dynamitant sa forme. « II faut inventer un langage nouveau pour continuer à vivre. La poésie est une lutte pour respirer », explique le poète. Il rompt alors avec la versification classique, rejette toute métaphore et ornement pour écrire des poèmes réduits à l'ossature, minimalistes et sombres, hantés par la solitude et la mort. « Dans la même veine, lucide et noire, ses pièces de théâtre l'apparentent à Beckett, tandis qu'en poésie on cherche une parenté du côté de Paul Celan », précise son traducteur. Cette poésie sans Dieu crée d'abord un choc en Pologne, avant que son humanisme et sa volonté de « reconstruire l'homme » et de « ne jamais trahir l'homme simple » finissent par valoir à Rozewicz une grande popularité.
Au fil des années, son ciel vide se peuple de nouvelles questions métaphysiques. En 1968, il écrit : « Pourquoi m'as-tu abandonné / pourquoi t'ai-je / abandonné / la vie sans Dieu est possible / la vie sans Dieu est impossible »... Toujours fécond à 87 ans, toujours attentif aux douleurs du monde - ses derniers poèmes ont été inspirés par la crise de la vache folle ou les menaces sur l'écologie -, Tadeusz Rozewicz sera présent à Strasbourg le 1er mars pour recevoir son prix.
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Regio
Élan (01/04/2008) par Jean-Claude WALTER
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TADEUSZ ROZEWICZ : Regio
La Nouvelle Revue Française (01/10/2008) par Richard BLIN
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Regio et autres poèmes
Le Mensuel Littéraire et Poétique (01/01/2009) par Jacques ÉLADAN
Texte © Tous droits réservés
Regio et autres poèmes
Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques (01/04/2009) par Jean-Pierre JOSSUA
Texte © Tous droits réservés
Tadeusz Rozewicz
L'Humanité (18/06/2009) par Alain FREIXE
Texte © Tous droits réservés