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Prix du Patrimoine Nathan Katz
2006
Albert et Adolphe MATTHIS
(LES WINSTUB, à Strasbourg )
Texte © ACEL
BIBLIOGRAPHIE
L'œuvre poétique des Frères Matthis n’avait, jusqu’à l'initiative du Prix du Patrimoine Nathan Katz, fait l’objet d’aucune traduction française en volume. Elle est pourtant considérable :
L’ŒUVRE
Ziwwelbaamholz (Bois d’oignon, 1901)
Maiatzle (Hannetons, 1903), couverture de Georges Ritleng et Emile Schneider
Widesaft (Sève de saules, 1911), couverture de Maurice Achener
Bissali (Pissenlit, 1923), illustré par Philippe Kamm
D’r klaan Bissali (le Petit pissenlit, 1925)
E busche Bluescht (Un bouquet de branches fleuries, 1925)
Aephai (Feuilles de lierre, 1931)
Fülefüte (Colchiques d’automne, 1937).
SUR LES FRÈRES MATTHIS
Une bonne introduction générale à l’œuvre et à la personnalité des frères Matthis est donnée par le numéro que leur a consacré la revue Saisons d’Alsace en 1974 : Albert et Adolphe Matthis, créateurs du lyrisme alsacien, Saisons d’Alsace n° 53, décembre 1974.
Ce numéro a été réalisé sous la direction d’Alfred Schlagdenhauffen et Raymond Matzen, avec la collaboration de Robert Lutz, Robert Fuchs, Martin Allheilig, René Metz, Jean Braun, Lucienne Lapointe, Gabriel Andrès, Maxime Alexandre et Louis Edouard Schaeffer.
OUVRAGES PUBLIÉS DANS LE CADRE DU PRIX
Bois d'oignon (Arfuyen, 2006), bilingue strasbourgeois-français, première traduction en volume d'un choix de poèmes des Frères Matthis par Gaston Jung.
Texte © ACEL
DISCOURS
Texte © ACEL
DOCUMENTS
UN POÈME D'ALBERT MATTHIS
extrait du recueil Bois d'oignon
traduit de l'alsacien par Gaston Jung
D’r Winter
D’r Spatz bloost ’s Drummbonn uff de Daecher
D’r Wind hilt grad wie wenn d’ne pfetsch,
D’r Lohkaesgüscht packt’s zwei Doen schwaecher,
Un d’Schneegans hücht in d’Schnuffelraetsch ;
Un ’s Feld un d’Matte leijt in Gichter,
Am Dirlipshüffe naaue d’Mïs,
Un d’Baam un d’Hecke mache Gsichter,
Wie ’s Eva as im Barredïs,
Un d’Kaelte kummt mit Kumblimende,
Un d’Naacht wurd lang un kurz sin d’Däij,
D’r Gückelhahn walzt zammt de Ente,
Mit Rümadisse nuff uff d’Stäij ;
D’r Katzeroller schaelt uff d’Waade,
Denn ’s Kraejnau bisst am grosse Zeh,
Un uff d’r Gass gigst schwer gelaade
D’r Kohlewaaue schun im Schnee ;
D’Meerschwinle grieje d’Ohre geschnitte,
Un ’s gfriert un d’Isschueh waere g’oelt,
Un d’Belzkapp, d’Baeredoobe, d’Schlitte,
Jetz üs de Ganferlaade gscheelt,
Un d’Buewe rutsche üewwer d’Lache,
Siesch kaane wo noch Mucke fangt,
D’r Winter hett fur d’farce ze mache
Im Spootjohr an ’s Gebiss gelangt.
*
L'hiver
Le moineau joue du trombone sur les toits,
Le vent pleure comme si tu le pinçais des dix doigts,
Le charbonnier Auguste tape deux notes trop bas,
Et l’oie des neiges souffle dans son harmonica ;
Et les prés et les champs préparent l’accouchement,
Au tas de betteraves grignotent les souris,
Les arbres ont tous des têtes d’enterrement,
Comme Ève jadis chassée du Paradis.
Le froid vient faire ses compliments, tout en
Raccourcissant les jours, les nuits s’allongeant d’autant,
Et le coq se bagarre même avec les canards pour monter,
Malgré qu’il soit rhumatisant, les marches d’escalier.
Le matou lorgne vers son mollet,
Car l’orteil souffre d’un cor au pied,
Et dans la ruelle enneigée,
Grince le chariot du charbonnier ;
Des cochons d’Inde on taille l’oreille,
Il gèle, on huile ses deux patins pareil,
Luges, moufles et bonnets fourrés,
Sont extraits des armoires camphrées,
Et les garçons glissent sur les flaques gelées,
Leurs bouches fermées sous leurs gros cache-nez,
Car l’automne pour rire l’hiver l’a assommé
D’un grand coup de poing dans le dentier.
Texte © ACEL
REVUE DE PRESSE