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EUROPEAN PRIZE FOR LITERATURE
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LE PRIX JEAN ARP DE LITTÉRATURE FRANCOPHONE
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NATHAN-KATZ-PRIS FIR LITERATÜR IM ELSASS
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TRADUIRE L'EUROPE Rencontres Européennes de Littérature (EUROBABEL)
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ÉCRIRE L'ALSACE Rencontres Européennes de Littérature (EUROBABEL)
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LA BOURSE DE TRADUCTION DU PRIX EUROPÉEN DE LITTÉRATURE
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LA BOURSE DE TRADUCTION DU PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE
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LE PRIX NELLY SACHS DE TRADUCTION LITTÉRAIRE (PRIX ASSOCIÉ)
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TRADUIRE L'EUROPE 9es Rencontres Européennes de Littérature

     TRADUIRE L'EUROPE 9es Rencontres Européennes de Littérature aura lieu à Strasbourg du 15 au 25 mars 2014. Après George Steiner en 2013, l'invité d'honneur des Rencontres sera cette année LUC BOLTANSKI. Également invités JACQUES DARRAS et PHILIPPE CLAUDEL
     Hommage sera rendu au grand écrivain italien ERRI DE  LUCA, Prix Européen de Littérature, au prosateur et essayiste MARCEL COHEN, Prix Jean Arp de Littérature Francophone, à l'écrivain expressionniste ERNST STADLER (1883-1914), Prix Nathan Katz du Patrimoine, au romancier et biographe STEFAN ZWEIG (1881-1942), au poète polonais ZBIGNEW HERBERT (1924-1998) et à l'auteur du fameux Tristan et Isolde GOTTFRIED DE STRASBOURG (1180-1214).
    Trois traducteurs seront également mis à l'honneur : DANIÈLE VALIN (italien), Bourse de Traduction du Prix Européen de Littérature, BRIGITTE GAUTIER (polonais), Prix Nelly Sachs de Traduction Littéraire, et PHILIPPE ABRY (allemand), Bourse de Traduction du Prix Nathan Katz du Patrimoine (voir Programme TRADUIRE L'EUROPE 2014). 
     Aider les peuples européens à se reconnaître mutuellement à travers les figures emblématiques de leur littérature ; aider les peuples francophones à se reconnaître dans une langue française qui soit vécue comme choix de valeurs et d’ouverture sur le monde ; mettre au service de cette double prise de conscience l’expérience de l’Alsace, riche d’un exceptionnel patrimoine littéraire qui reste à découvrir et à valoriser : telle est l’ambition des Rencontres Européennes de Littérature lancées par l’Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL) et qui fêtent cette année leur 9e édition avec un programme tout à la fois ouvert, festif et exigeant. 
     Tel est aussi l’objectif des grands prix littéraires de Strasbourg décernés chaque année par EUROBABEL : le Prix Européen de Littérature, le Prix Jean Arp de Littérature Francophone et le Prix Nathan Katz du Patrimoine. Telle est enfin la signification de la création par l’Université de Strasbourg du tout nouveau Prix Louise Weiss de Littérature qui récompensera trois œuvres originales des étudiants.
    Les Rencontres Européennes de Littérature sont organisées chaque année par EUROBABEL en collaboration avec la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg et avec l'Université de Strasbourg. Elles bénéficient du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (Centre National du Livre et DRAC Alsace), du Conseil Régional d’Alsace, de l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace, du Rectorat de l’Académie de Strasbourg, du Théâtre National de Strasbourg, de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, de la Représentation Permanente de l’Italie auprès du Conseil de l’Europe, du Centre Culturel Italien et des Médiathèques de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg. 

Message de M. T. JAGLAND, Secrétaire Général du CONSEIL DE L'EUROPE

     M. THORBJØRN JAGLAND, Secrétaire Général du CONSEIL DE L'EUROPE, vient de réaffirmer le soutien que donne son organisation au Prix Européen de Littérature.  
     Dès sa création en 2005, le Prix a bénéficié du patronage du Conseil de l'Europe en la personne de M. Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe. Dans une lettre adressée le 19 février 2014 au Président de l'Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL), M. Thorbjørn Jagland, souligne l'intérêt qu'il prend à cette initiative originale et qui s'inscrit désormais dans la longue durée : « C'est avec plaisir, écrit-il, que j'accorde mon patronage à cet événement qui contribue à la promotion de nos valeurs et qui a une réelle dimension européenne. » 
    En ce monde d'économie mondialisée et de course technologique effrénée, que peut la littérature ? Elle n'est pas un luxe réservé à une petite catégorie de privilégiés. Elle n'est pas un divertissement pour une caste de savants et de chercheurs.
    Il faut rappeler ici la réponse de Tzvetan Todorov, invité d'honneur des Rencontres Européennes de Littérature en 2012 : « La littérature nous permet de mieux comprendre le monde humain, elle peut aussi nous aider à vivre. Elle appartient à la même famille que la philosophie et les sciences humaines, mais ne se confond pas avec elles. L'enseignement de la littérature à l'école devrait en tenir compte : il forme, non des critiques littéraires, mais des connaisseurs de la condition humaine. »
    
C'est dans cet esprit que le Prix Européen de Littérature, dès son origine, s'est donné pour but de distinguer chaque année, pour l'ensemble de son œuvre, un écrivain européen de stature internationale et représentatif des valeurs de la démocratie et des droits de l'homme. Le Prix contribue ainsi à valoriser la diversité des langues et à promouvoir le dialogue des cultures. Il donne en exemples des figures de ce que l'Europe a de meilleur aujourd'hui : les Dante, les Cervantès, les Shakespeare, les Goethe, les Hugo de ce début du XXIe siècle.
     Année après année, les écrivains distingués donnent un visage à tous les pays membres du Conseil de l'Europe : l'Espagne avec Antonio Gamoneda (2005), la Finlande avec Bo Carpelan (2006), la Pologne avec Tadeusz Rozewicz (2007), l'Allemagne avec Tankred Dorst (2008), la Grèce avec Kiki Dimoula (2009), l'Angleterre avec Tony Harrison (21010) la Slovénie avec Drago Jancar (2011), la Russie avec Vladimir Makanine (2012) et l'Italie avec Erri De Luca (2013)..
     Si l'Europe a une réelle unité, c'est dans et par sa culture, et tout particulièrement par sa littérature. Avec le soutien du Conseil de l'Europe, l'Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL) souhaite, année après année, pouvoir en faire la démonstration, au moment où elle est le plus nécessaire, lorsque les solutions d'une approche essentiellement économique et bureaucratique laissent clairement apparaître leur radicale insuffisance.

ERRI DE LUCA: EUROPEAN PRIZE FOR LITERATURE 2013

     The EUROPEAN PRIZE FOR LITERATURE 2013 is awarded to ERRI DE LUCA (Italy), born in 1950 in Naples, for the totality of his work as a novelist, a poet, a writer of essays, a dramatist, and a translator too, a work characterised by a keen awareness of the political issues of his time, as well as by a constant receptiveness to the founding texts of the Jewish tradition.
     The award ceremony will take place in Strasbourg’s City Hall on Saturday 22 March, 2014 within the framework of the festival “TRANSLATE EUROPE – 9th Annual Meeting of European Literature”, organised in partnership with the City and the University of Strasbourg.
     Strasbourg is a symbol-city of European democracy: it is the seat of the Council of Europe, of the European Court of Human rights, and the European Parliament. Strasbourg is also a symbol-city of European culture: the steeple of its famous Gothic cathedral, highest in Europe, dominates its historical centre, classified in 1988 by UNESCO as a world heritage site. Through the European Prize for Literature, created in 2005, the Town of Strasbourg dedicates itself to Europe, its democracy and culture. To advance the Europe of peoples is to advance the Europe of cultures.
     The best way to contribute to a better mutual knowledge of the peoples of Europe is to pay homage to the great contemporary figures of their literature: the “Goethe”, “Shakespeare”, and “Victor Hugo” of today. It is by giving a face to each culture of Europe that their people will be able to learn how to appreciate and understand each other. The European Prize for Literature honours each year, for the totality of his or her work, a European writer of international stature, in order to testify to the cultural capacity of Europe. Its choices are founded on representativeness and quality standards as demanding as those of the Nobel Prize for Literature.
     The works distinguished so far by the European Prize of Literature highlight the richness of current European literature. They point up the urgency to make them known beyond borders and languages: 2005, ANTONIO GAMONEDA (Spain) - 2006, BO CARPELAN (Finland) - 2007, TADEUSZ RÓZEWICZ (Poland) - 2008,TANKRED DORST (Germany) - 2009, KIKI DIMOULA (Greece) - 2010, TONY HARRISON (Great Britain) - 2011, DRAGO JANCAR (Slovenia), 2012, VLADIMIR MAKANIN (Russia).
     Erri De Luca was born in 1950 in Naples in a middle-class family that was ruined by the war, and relocated in the popular neighbourhood of Montedidio. Its fortunes having improved the family then moved to a new neighbourhood, to which the adolescent boy did not adjust well. Very soon he developed an awareness of political reality, and rose against injustice and the American grip over Naples. In 1968 after finishing school he became a revolutionary activist in Rome. From 1969 he joined the extreme left-wing movement Lotta Continua, of which he remained a leader until it was disbanded in 1977. From 1978 to 1980 he worked at Fiat, and took part in all forms of the workers’ struggle. Fleeing the special laws in his country he found refuge in France in 1982.
     In 1983 he was just about to sign-up as a volunteer for humanitarian action in Tanzania when he discovered a Bible. On account of illness he had to come back after only a month, and to resume life as a worker. He developed a passion for mountain-climbing, began to study the Scriptures, and started to write. His father’s illness convinced him to send a manuscript to a publisher. There was time enough to put in his father’s hands the resulting book, which heralded his new life: Non ora, non qui, published in Italy in 1989. Soon afterward he completed his first novel, which he started in 1976: Aceto, arcobaleno, and was published in 1994. During the Bosnian war (1992-1995) he was a driver for humanitarian relief operations.
     Although Erri De Luca fled Naples and his family when he was 18 the city of his birth is the backdrop for all his novels, which always have a strong autobiographical content. This is the case for Tu, mio, and for his best known book Montedidio (Prix Femina étranger 2002). “In Neapolitan dialect Montedidio means ‘the Mountain of God’. From the top of Montedidio, with one leap you’re in heaven. Just as in this neighbourhood magic and sacredness blend into daily life, the novel joins together reality and the surreal, sweetness and bitterness, symbols and facts, poetry and destitution”.
     Erri De Luca has published a large number of stories, novels, and essays, which have been widely translated. He has also written books of poems, plays, as well as translations of the Bible, and translations from yiddish.
     His works in prose include: Non ora, non qui (1989) ; Una nuvola come tappeto (1991) ; Aceto, arcobaleno (1992) ; I colpi dei sensi (1993) ; In alto a sinistra (1994) ; Prove di risposta (1994) ; Pianoterra (1995) ; Il cronista scalzo e altri scritti (1996) ; Alzaia (1997) ; Ora prima (1997) ; Tu, moi (1998) ; Tufo (1999) ; Tre cavalli (2000) ; Montedidio (2001) ; Lettere da una città bruciata (2002) ; Nocciolo d'oliva (2002) ; Il contrario di uno (2003) ; Precipitazioni (2004) ; Chisciottimista (2005) ; Sulla traccia di Nives (2005) ; In nome della madre (2006) ; Napolide (2006) ; L'isola è una conchiglia (2008) ; Senza sapere invece (2008) ; Il giorno prima della felicità (2009) ; Il peso della farfalla (2009) ; Tu non c'eri  (2010) ; Rivolte inestirpabili (2010) ; E disse (2011) ; Le sante dello scandalo (2011) ; I pesci non chiudono gli occhi (2011) ; Il turno di notte lo fanno le stelle (2012) ; A piedi, in bicicletta (2012) ; Il torto del soldato (2012) ; La doppia vita dei numeri (2013) ; Storia di Irene (2013).

DANIÈLE VALIN, Bourse de Traduction du Prix Européen de Littérature 2013

     La BOURSE DE TRADUCTION 2013 DU PRIX EUROPÉEN DE LITTÉRATURE est attribuée à DANIÈLE VALIN,  pour avoir donné une voix française à l’œuvre de Erri De Luca à travers près de trente ouvrages et pour l’ensemble de ses travaux pour faire connaître la littérature italienne contemporaine.
     Danièle Valin est née à Nice en 1948 où elle fait ses études jusqu’à la maîtrise d’italien, puis passe le Diplôme supérieur de bibliothécaire à Paris. Elle sera ensuite Responsable de la Bibliothèque d’études italiennes et roumaines de l’Université Sorbonne nouvelle-Paris 3 jusqu’en 2012. Son activité de traductrice débute en 1992 avec le premier roman de Erri De Luca. Elle a reçu le prix Laure Bataillon en 2001 pour la traduction de Trois chevaux.
     C’est, en effet, à Danièle Valin que l’on doit l’ensemble des traductions de l’œuvre de Erri De Luca qui ont été réalisées en France, soit une petite trentaine d’ouvrages appartenant aux genres littéraires les plus divers : romans, nouvelles, essais, fragments, poésie. Il faut noter de plus que la langue de Erri De Luca est d’une grande originalité, marquée tant par les particularismes napolitains que par la fréquentation assidue des Écritures en langue hébraïque.
     Danièle Valin a également traduit d’autres auteurs italiens : Roberto Alajmo, Un cœur de mère, Rivages, 2005 ; Isabella Bossi Fedrigotti, De Bonne famille, Hachette, 1997 ; Sergio Ferrero, Le jeu sur le pont et Les yeux du père, Rivages, 1998 et 2002 ; Diego Marani, Nouvelle grammaire finnoise, Rivages, 2003 ; Francesca Melandri, Eva dort, Gallimard, 2012 ; Gianmaria Testa, Dall’altra parte del mare, Le Chant du monde, 2006.
     À l’occasion de la remise du Prix Européen de Littérature à Erri De Luca le 22 mars 2014, un nouveau texte de Erri De Luca, Le Tort du soldat, sera publié aux Éditions Gallimard, partenaires des Grands Prix Littéraires de Strasbourg, dans la traduction de Danièle Valin. Simultanément paraîtra dans la revue Europe un dossier spécial consacré à Erri De Luca en collaboration avec Danièle Valin 
 

MARCEL COHEN, lauréat 2013 du Prix Jean Arp de Littérature Francophone

     Le PRIX JEAN ARP DE LITTÉRATURE FRANCOPHONE 2013 est attribué à MARCEL COHEN, né en 1937 à Asnières d’une famille d’origine judéo-espagnole établie en Turquie au XVe siècle, pour l’ensemble d’une œuvre inclassable par sa forme échappant à la narration, à l’essai comme à la poésie et éminemment classique par sa sobriété et son élégance.
     La remise du Prix aura lieu au Collège Doctoral Européen à Strasbourg le jeudi 20 mars 2014 dans le cadre de TRADUIRE l’EUROPE - 9es Rencontres Européennes de Littérature, manifestation organisée par l’Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL), la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg et l’Université de Strasbourg.
     À l’occasion de la remise du Prix Jean Arp de Littérature Francophone à Marcel Cohen le 22 mars 2014, un ensemble de textes en prose (récits, réflexions et entretien) sera publié aux Éditions Arfuyen, partenaires des Grands Prix Littéraires de Strasbourg, sous le titre L’Homme qui n’aimait pas les livres
     Marcel Cohen est né en 1937 à Asnières dans une famille originaire de Turquie et qui, à la maison, parlait encore le judéo-espagnol de ses ancêtres chassés d’Espagne au XVe siècle. « Enfant caché » pendant la guerre, selon l’expression consacrée, il est au nombre des Juifs qui ont vu toute leur famille proche disparaître dans les camps. Dès le lycée, il parcourt l’Europe en auto-stop, notamment grâce à une bourse de la Fondation Zellidja. Après des études d’art et de journalisme, il part seul et presque sans argent vers l’Inde, toujours en auto-stop, attiré par ses confins himalayens et assamais. Journaliste, il est envoyé spécial en Afrique du Nord, en Amérique Latine, au Moyen-Orient et aux USA, où il séjourne comme boursier d’une université du Middle West et correspondant d’un quotidien parisien.
     Depuis une vingtaine d’années, il voyage avec sa femme, pendant les vacances, sur les porte-conteneurs qui sillonnent les océans, transportant à peu près tout ce que nous consommons, des ordinateurs aux régimes de bananes. Parce que les grands ports, les navires qui y relâchent et les immenses zones de non-droit que constituent les océans sont le théâtre d’une guerre économique à outrance, il a l’impression de voir se lever là un ultime voile. Il a consigné ces expériences de la mer dans plusieurs textes de sa trilogie Faits, publiée entre 2002 et 2010 chez Gallimard ainsi que dans un petit livre très documenté intitulé À des années-lumière (Fario).
     Dans Sur la scène intérieure (Gallimard), il a consigné par ailleurs tout ce dont il se souvient et tout ce qu’il a pu apprendre sur sa famille, disparue dans les camps en 1943 et 1944. Marcel Cohen a beaucoup écrit sur l’art contemporain pour des revues, des galeries, des musées, des centres d’art. Ses textes sur Antonio Saura ont été réunis sous le titre Quelques faces visibles du silence par les éditions L’Échoppe (2000). 
 

ERNST STADLER, traduit par PHILIPPE ABRY, Prix Nathan Katz du Patrimoine 2013

     Le PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE 2013 distingue l’œuvre de ERNST STADLER (né à Colmar en 1883, tué en Belgique en octobre 1914 et enterré au cimetière Saint-Louis-Robertsau à Strasbourg), l’un des plus grands poètes expressionnistes, Européen de cœur et d’intelligence, qui a écrit quelques-uns des plus beaux textes de la littérature d’Alsace.
     La Bourse de Traduction 2013 du Prix Nathan Katz est attribuée à PHILIPPPE ABRY, né en 1980 à Colmar, pour la première traduction française intégrale du chef-d’œuvre de ERNST STADLER, Der Aufbruch, publié en 1914, l’année même de sa mort.
     La remise du Prix aura lieu à l’Hôtel de Ville de Strasbourg le samedi 22 mars 2014 dans le cadre de TRADUIRE l’EUROPE - 9es Rencontres Européennes de Littérature, manifestation organisée par l’Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL), la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg et l’Université de Strasbourg.
     À l’occasion de la remise du Prix Nathan Katz du Patrimoine le samedi 22 mars 2014 paraîtra aux Éditions Arfuyen, partenaires des Grands Prix Littéraires de Strasbourg, la première traduction intégrale de Der Aufbruch, traduit de l’allemand par Philippe Abry et présentée par Charles Fichter.
     Ernst Stadler est né à Colmar le 11 août 1883 de parents d’origine bavaroise. Il fait ses études secondaires au lycée protestant de Strasbourg. En 1902, il s’inscrit à l’Université en philologie romane, linguistique comparée et langue et littérature allemandes. La même année il crée avec René Schickele et Otto Flake la revue Der Stürmer afin de susciter une renaissance de la culture alsacienne. Sous l’impulsion de Schickele et autour des ateliers de peintres, toute une jeunesse tente de secouer le joug de la culture wilhelminienne. Stadler restera l’un des plus proches amis de Schickele, de sept jours seulement son aîné, dont il partagera les sympathies socialistes et les positions antibellicistes.
En 1905, Stadler publie à Strasbourg son premier recueil de poèmes, Präludien (Préludes). Dans les années qui suivent il publie des traductions de Francis Jammes et Charles Péguy. Après un passage à l’université de Munich, il soutient en 1906 à la Faculté des Lettres de Strasbourg une thèse sur les manuscrits du Perceval d’Eschenbach. Bénéficiaire d’une bourse de la Fondation Rhodes, il travaille en 1906-1908 à l’Université d’Oxford où il prépare son habilitation sur le Shakespeare de Wieland. Il séjourne à nouveau à Oxford et Londres en avril-septembre 1910. Invité à donner des cours à l’Université libre de Bruxelles, il s’y installe. 
    Le 3 mars 1911 paraissent dans la revue Das Neue Elsaß (La nouvelle Alsace) deux poèmes qui marquent le début d’une période d’intense création. Dans le même temps il fait paraître de nombreux articles critiques. Au printemps de 1914, il est invité à enseigner à l’université de Toronto. Fin mai, il quitte Bruxelles pour l’Alsace où il compte passer l’été avant de partir pour le Canada. Il est encore à Strasbourg lorsque éclate la guerre. Le 28 juillet 1914, Stadler fait ses adieux à ses amis réunis dans l’atelier du peintre Henri Beeke. Bien après minuit, raconte Beeke, « alors que dehors une garde renforcée faisait sa ronde, retentit soudain dans l’atelier, comme une protestation contre la guerre, la Marseillaise ». Mobilisé au 51e régiment d’artillerie de campagne de l’armée allemande, Stadler combat en Champagne et, d’une tranchée à l’autre, aurait pu, dit-on, saluer Péguy peu de temps avant que le poète français ne tombe à Villeroy-sur-Marne, près de Meaux, le 5 septembre 1914.
     Stadler est tué le 30 octobre 1914, près de Zandvoorde, en Belgique, par un obus anglais. Son corps est rapatrié en Alsace par son ami Schickele. Il repose au cimetière Saint-Louis-Robertsau, où sa tombe est entretenue par le ministère français des Anciens Combattants.

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