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Les « Facéties » du Colmarien Jörg Wickram à la Bibliothèque de la Ville de Colmar, 25.05.12

     Une conférence sera donnée le vendredi 25 mai 2012 à 18 h 30 par CATHERINE FOUQUET À LA BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE COLMAR sur « Les Facéties » de Jörg Wickram. À cette occasion, les éditions des œuvres de Wickram conservées par la Bibliothèque seront exposées.
     Doté depuis son origine par l'Office pour la Culture et les Langues d'Alsace (OLCA), le Prix du Patrimoine Nathan Katz  a été décerné cette année à Catherine Fouquet pour la première traduction française du fameux Rollwagenbüchlin du Colmarien Jörg Wickram sous le titre Joyeuses histoires à lire en diligence.
     Catherine Fouquet, agrégée d'allemand, enseigne à l'Université de Haute-Alsace (Mulhouse). Spécialiste de littérature allemande du Moyen Âge au XVIe siècle, elle a soutenu sa thèse de doctorat sur les romans de Jörg Wickram.
     Mais qui était ce Jörg Wickram, qui a donné son nom à une école colmarienne, école bilingue de surcroît ? 
     Ce fils naturel d'un magistrat colmarien est né en 1505. Condamné par sa naissance à un emploi subalterne, il trouva à Burckheim-en-Brisgau à la fin de sa vie en 1555, une belle charge de greffier syndic. Jörg Wickram est l'un des grands noms du patrimoine littéraire alsacien. II est l'auteur d'une œuvre multiforme, riche de plus de quinze titres (théâtre, romans, traduction) et est aussi connu pour avoir fondé à Colmar en 1546 une école de maîtres chanteurs.
     Son recueil de facéties Das Rollwagenbüchlin remporta dès sa parution un vif succes : il s'agissait de désennuyer ceux qui étaient amenés à voyager en coche, femmes, jeunes filles, mais surtout marchands se rendant sur les foires européennes. Vous y découvrirez moines paillards, curés portés sur la bouteille, marchands parcourant la vallée du Rhin, paysans matois ou naïfs, tout un petit peuple savoureux qui nous rend proches nos ancêtres du 16e siècle...
     Cette manifestation est réalisée avec le soutien organisationnel et financier de l'Association des Amis de la Bibliothèque de la Ville de Colmar (adresse de la Bibliothèque : 1, place des Martyrs de la Résistance, 68000 Colmar – Tél. 03 89 24 48 18).

LA PÉRIPHÉRIE DES RENCONTRES, programme MAI 2012

    En inaugurant LA PÉRIPHÉRIE DES RENCONTRES, la manifestation de l'ACEL, lancée en 2005 simultanément à Strasbourg mais aussi à Mulhouse, s’ouvre à nouveau dans le temps (de mars à mai 2012) et dans l’espace (à travers l'Alsace) à d’autres initiatives, d’autres expressions, d’autres publics afin de traduire plus largement encore au quotidien l’Europe des peuples et des cultures sur ces bords de l’Ill et du Rhin où se trouvent ses fondations. 
     Voici la liste des manifestations qui, pour le mois de mai 2012, s'inscrivent dans cette première « Périphérie des Rencontres » :
     Haguenau, samedi 12 mai 2012 à 15 h : JEAN-CLAUDE WALTER (France) : « Le Rhin, un voyage littéraire de Jules César à Guillaume Apollinaire ». Lectures par ANNE-VALÉRIE WALTER. Avec  DENIS FENNINGER, violon, et JEAN-LUC WEHINGER, guitare (Médiathèque, 24, rue du Maire André Traband, Haguenau).
     Saverne , samedi 12 mai 2012 à 16 h : LOUISE WEISS (1893-1983) : « Une pionnière de l’Europe des peuples et des cultures ». Conférence par MICHEL LOETSCHER et visite de l’exposition avec GABRIELLE FEYLER, conservatrice (Château des Rohan, place du Général de Gaulle, Saverne).
     Colmar, vendredi 25 mai 2012 à 18 h 30 : JÖRG WICKRAM (Colmar, 1505-1562) : « Les joyeuses histoires à lire en diligence (Das Rollwagenbüchlin) », présentées par leur traductrice, CATHERINE FOUQUET (Bibliothèque de la Ville de Colmar, 1 pl. des  Martyrs de la Résistance, Colmar).

POUR UNE EUROPE DES PEUPLES ET DES CULTURES

    Placées sous le beau mot d'ordre de « TRADUIRE L'EUROPE », comment définir la démarche de ces 7es Rencontres Européennes de Littérature ? Revenant aux origines de l'Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL) en 2005, Gérard Pfister insiste sur la double visée politique et culturelle des Rencontres : indissociablement « européennes » et « littéraires ». La crise que rencontre aujourd'hui l'Europe est liée avant tout à l'échec d'une vision essentiellement technocratique et économique de la construction européenne. L'Europe ne pourra réussir que si elle retrouve une « vision » de son avenir, fondée sur le désir d'être ensemble et sur un rêve collectif. Car l'Europe a été rêvée par les écrivains bien avant que d'exister. Et elle a besoin aujourd'hui plus que jamais des écrivains pour devenir une réalité des consciences et des cœurs. Nous reproduisons ci-après le texte publié dans la plaquette TRADUIRE L'EUROPE sous le titre « Pour une Europe des peuples et des cultures ».
   « Au carrefour des grands axes européens, l'Alsace n'a cessé, tout au long d'une histoire brillante et douloureuse, d'être soumise à des mouvements contraires. Tiraillée entre le monde germanique à l'est et le monde latin à l'ouest. Fécondée par de fructueux échanges, tant commerciaux qu'intellectuels, avec l'Italie au sud et les Pays-Bas au nord. Terre européenne s'il en est, dans les bons comme les mauvais jours. Foisonnante, bourdonnante, prospère, et à d'autres moments dévastée, divisée, doutant d'elle-même. 
     Le siècle passé a manifesté cette alternance avec une particulière intensité. Annexée au Reich allemand après 1870, rattachée à la France en 1918, annexée de fait par les nazis en 1940 et libérée en 1945, l’Alsace a mis des décennies à surmonter tant d’épreuves, à cicatriser tant de blessures. Ces événements appartiennent désormais à l’Histoire. Cette Europe unie que les traités ont tenté d’instaurer dans les institutions, il est temps de la traduire enfin dans les consciences et les coeurs. Les événements récents en confirment l’urgence. 
     Siège aujourd’hui du Conseil de l’Europe, de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et du Parlement Européen, Strasbourg a bien des titres pour être le lieu privilégié de cette réflexion sur l’avenir des peuples et des États d’Europe. Ville de culture, forte d’une tradition multilingue et d’une université de tout premier plan, Strasbourg se doit d’être le lieu de rencontre des langues et des cultures d’Europe. L’Alsace, Strasbourg ont leur rôle à jouer, leur vocation à accomplir. Si elles ne le font pas, qui le pourra ? Nulle cité à ce jour n’a eu l’honneur d’être la capitale d’une démocratie aussi vaste, aussi diverse, aussi ancienne, et d’avoir à incarner les valeurs qui fonderont son avenir.
   Promouvoir Strasbourg dans sa vocation de capitale d’une Europe des peuples et des cultures, tel est le but que s’est donné l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL) lors de sa création en 2005. Aider les peuples européens à se reconnaître mutuellement à travers les figures emblématiques de leur culture (les Dante, Cervantès et Hugo d’aujourd’hui) ; aider les peuples francophones à se reconnaître dans une langue française qui ne soit plus vécue comme contrainte, mais comme choix de valeurs et d’ouverture sur le monde ; mettre au service de cette double prise de conscience l’expérience de l’Alsace, riche d’un exceptionnel patrimoine littéraire encore très largement à découvrir et à valoriser : c’est une immense ambition – et une nécessité.
   La DRAC Alsace nous y a encouragés dès l’origine, la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg, l’Université de Strasbourg, la Région et l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA) nous ont apporté leur soutien indéfectible. Le Centre National du Livre nous honore cette année de son concours. Que tous en soient chaleureusement remerciés, ainsi que tant d’institutions avec lesquelles se multiplient les collaborations. Ouvrir des voies nouvelles, catalyser les talents, conjuguer les énergies, c’est notre seul pouvoir. L’Europe des peuples et des cultures sera telle que les citoyens européens l’inventeront. »

Éditorial : TRADUIRE L'EUROPE

    À l'occasion de Traduire l'Europe- 7es Rencontres Européennes de Littérature, un texte de présentation a été co-signé par ROLAND RIES, Maire de Strasbourg, JACQUES BIGOT, Président de la Commmunauté Urbaine de Strasbourg, et ALAIN BERETZ, Président de l'Université de Strasbourg. Nous reproduisons ci-après des extraits de ce texte, publié en éditorial de la plaquette Traduire l'Europe.
     « Cette nouvelle édition ne se limite évidemment pas à confirmer la présence d’une manifestation de qualité – généreuse et accessible à tout un chacun – dans le dispositif culturel de la Ville et de la Communauté urbaine de Strasbourg. Elle accentue, par ailleurs, un dispositif démocratique et ouvre de nouvelles perspectives.Ce dispositif démocratique est désormais affirmé : il permet, ainsi, à nouveau à des élèves et à des étudiants de suivre diverses manifestations de Traduire l’Europe, comme de rencontrer plusieurs auteurs d’envergure participant à cette manifestation. Seront concernés, cette année, les élèves de la classe Arts du Collège Sophie Germain de Cronenbourg, ceux du Lycée Fustel de Coulanges et du Lycée International des Pontonniers, autant que les étudiants de l’Université de Strasbourg. Le partenariat avec celle-ci, la seconde de France, se renforce. Il s’inscrit donc dans les relations fructueuses entretenues par l’Alma Mater régionale et la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg.
   Quant aux nouvelles perspectives, elles montrent que – en dépit des changements de pratiques culturelles – les installations, expositions, rencontres, conférences, tables rondes, lectures spectacle, hommages à plusieurs auteurs proposés par Traduire l’Europe et les Rencontres européennes de littérature sont pertinentes. Dès lors, comme l’a remarqué Umberto Eco, « la traduction est la langue de l’Europe ». Quels que soient les soucis économiques et sociaux traversés par le continent européen, il regroupe 750 millions de personnes, s’exprimant dans 230 langues parlées. Dès lors, comme l’a remarqué Umberto Eco, « la traduction est la langue de l’Europe ».  Elle a toujours besoin d’auteurs. 
   Les écrivains du cru 2012 incarneront cette variété. Qu’il s’agisse de la Suédoise Katarina Mazetti, de la Canadienne Nancy Huston établie en France depuis quatre décennies, de Tzvetan Todorov – originaire de Bulgarie – ou du Prix Européen de Littérature 2011 attribué au Slovène Drago Jancar, plusieurs expressions retentiront. Un accent particulier sera justement mis sur la Slovénie. Situé à la croisée de plusieurs mondes – germanique, latin et slave –, ce pays occupe une position comparable à celle de l’Alsace. Notre agglomération accueillera ainsi Boris Pahor. Âgé de 98 ans, ce très grand écrivain slovènophone de Trieste a connu les camps du Struthof, de Dachau, de Dora et de Bergen-Belsen. Il témoignera de l’itinéraire d’une vie et de ses combats pour la démocratie. 
   Lingua franca des droits de l’homme, le français incarne cet esprit de créativité et de dialogue des cultures. Dès lors, Traduire l’Europe honorera comme il se doit le dramaturge et poète. Valère Novarina, Prix de Littérature Francophone Jean Arp 2011 – dont l’œuvre considérable est aujourd’hui jouée à la Comédie-Française et enseignée dans les classes terminales – autant que les truculences impérissables de Germain Muller, fondateur du Barabli. Celui-ci s’inscrit parmi tous ceux qui, depuis Geiler de Kaysersberg, ont fait de l’humour une dimension fondamentale de la littérature alsacienne – tout particulièrement l’humaniste colmarien Jörg Wickram dont les Joyeuses histoires à lire en diligence, nous sont aujourd’hui rendues par les traductions de Catherine Fouquet
   Nous remercions donc Souad El Maysour, vice-présidente de la Communauté urbaine de Strasbourg chargée de la culture et de la lecture publique, et Daniel Payot, Adjoint au Maire de Strasbourg chargé de l’action culturelle, ainsi que les équipes des vingt-neuf médiathèques et bibliothèques, tout comme Pascal Maillard et Mathieu Schneider de l’Université de Strasbourg, sans oublier Gérard Pfister et Jacques Goorma, les infatigables animateurs de l'Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL), pour le soin minutieux pris à la préparation de Traduire l’Europe 2012. 
   Cette fête connaîtra, au demeurant, une avant-première avec la venue – le 3 mars 2012 – de l’écrivain italien Claudio Magris à Strasbourg. Européen convaincu, également originaire de Trieste, cet humaniste, germaniste distingué, est aussi traducteur de Kleist, Schnitzler et Büchner. »
 

LA PASSION DES LANGUES, 23-24 MARS 2012

    Intitulée LA PASSION DES LANGUES, la première séquence de ces 7es Rencontres Européennes de Littérature, les vendredi 23 et samedi 24 mars 2012, sera centrée sur le thème de l’Europe et de la traduction. 
     Elle sera organisée en collaboration avec l’Association ATLAS (Assises de la Traduction Littéraire en Arles) et la Représentation permanente de Slovénie auprès du Conseil de l’Europe.
     Voici un résumé de son riche programme :
    1) Vendredi 23 mars à 10 h : Rencontre de Hélène Henry, présidente d’ATLAS avec les étudiants de l’université de Strasbourg. Hélène Henry est l'une des meilleures spécialistes de la littérature russe, qu'elle a longtemps enseignée à l'université de Paris IV-Sorbonne, et l'une des grandes figures de la traduction, qui a donné à lire en français des auteurs comme Boris Pasternak, Joseph Brodsky ou Marina Tsvetaïeva.
     Présidente de l'Association ATLAS, elle est secrétaire du Prix de Traduction Nelly Sachs. Séance organisée par Pierre Deshusses (Le Pangloss – Université de Strasbourg, 4 rue Blaise Pascal).
     2) Vendredi 23 mars à 10 h : Rencontre de Boris Pahor avec des élèves du lycée Fustel de Coulanges. Né en 1913 dans une Trieste appartenant alors à l'Empire d'Autriche-Hongrie, le grand écrivain slovène Boris Pahor a survécu aux pires tragédies : résistant dans l’armée de libération yougoslave, il a été déporté au camp du Struthof, en Alsace, puis aux camps de Dachau, de Dora et de Bergen- Belsen. Auteur de l'admirable Pèlerin parmi les ombres, il est aujourd'hui l’un des plus grands écrivains européens. À 98 ans, il ne cesse de témoigner encore pour « les camarades réduits en cendres, pour leur honneur, mais surtout pour rappeler à la conscience des hommes la valeur de leur sacrifice qui, plus encore que le sacrifice au combat, touche au patrimoine de l'humanité ». Séance organisée par Pascal Maillard (1 place du Château).
   3) Vendredi 23 mars à 14 h : Conférence inaugurale de Tzvetan Todorov, invité d’honneur : « L’avenir de la démocratie en Europe ». Bulgare d'origine, auteur d'une quarantaine d'ouvrages traduits dans de multiples langues, Tzvetan Todorov est parmi les intellectuels français contemporains le plus connus dans le monde. Ennemi raisonné de toutes les dictatures, qu'elles soient politiques, économiques ou des médias, il est un Européen convaincu qui se distingue par une fine perception historique des problèmes de notre temps et une approche pragmatique et humaine des solutions. Séance animée par David Mardell (Palais Universitaire, 9, place de l'Université)
   4) Vendredi 23 mars à 16 h30 : Hommage au lauréat 2011du Prix de Traduction Nelly Sachs. Fondé à l’initiative de Maurice Nadeau en 1988, le Prix de Traduction Nelly Sachs est en France le prix le plus ancien et prestigieux qui a pour but de rendre justice au travail des traducteurs. Placé sous le patronage de Nelly Sachs, la grande poétesse rescapée des camps de concentration qui obtint le Prix Nobel de Littérature en 1966, il a été attribué depuis son origine grâce à la générosité de Julia Tardy-Marcus, sa compatriote et amie. Le Prix Nelly Sachs est un Prix associé du Prix Européen de Littérature (Médiathèque André Malraux, 1 presqu'île André Malraux). 
   5) Samedi 24 mars à 10 h30 : Table ronde animée par Jean Lebrun. Avec Boris Pahor, Tzvetan Todorov, Drago Jancar, Boris A. Novak, Andrée Lück-gaye et Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef de la revue Europe. Participant à la table ronde cette année, aux côtés de deux auteurs essentiellement francophones, trois auteurs écrivent en slovène, une langue parlée par moins de 2 millions de personnes. Sans traducteurs de l'envergure d'Andrée Luck-Gaye, qui les connaîtrait ? 
   6) Samedi 24 mars à 12 h 30 : Remise solennelle du Prix Européen de Littérature à Drago Jancar et de sa Bourse de Traduction à Andrée Lück-Gaye. Remise de la Médaille d'honneur de la Ville à Boris Pahor (Hôtel de Ville, 9 rue Brûlée – sur invitation).
   7) Samedi 24 mars à 15 h : Hommage à Drago Jancar (Slovénie), à la littérature slovène et à sa traductrice Andrée Lück-Gaye. En présence de Drago Jancar, Andrée Lück-Gaye, Boris A. Novak et Jean-Baptiste Para. À la croisée des mondes germanique, latin, et slave, la Slovénie occupe dans l’histoire européenne une position comparable à celle de l’Alsace. Comme le texte fondateur de la littérature alsacienne, les Serments de Strasbourg, est daté de 842, le premier texte en langue slovène, les Feuillets de Freising, remonte à 972. Depuis le 19e siècle une abondante littérature s’est développée en Slovénie et plus encore depuis 1970 avec l’apparition d’une nouvelle génération d’écrivains au nombre desquels Drago Jancar qui occupe, sans conteste, la première place(Palais du Rhin, 2 place de la République, Strasbourg)
    8) Samedi 24 mars à 17h :  Marcel Bozonnet lit « L’homme de Trieste », une promenade littéraire autour de l’œuvre de Boris Pahor. Textes de Boris Pahor, Claudio Magris, Umberto Saba, Italo Svevo, Drago Jancar, Boris A. Novak… En liminaire à cette lecture, Boris Pahor apporte son témoignage sur le destin de sa ville et sur son itinéraire personnel au travers d’un siècle de bouleversements. Ville-symbole de la Mitteleuropa, située au carrefour des langues et des cultures, célèbre pour ses cafés littéraires, Trieste est liée à des écrivains de langue italienne comme Italo Svevo, Umberto Saba ou Claudio Magris, mais aussi de langue slovène comme Boris Pahor, de langue allemande comme Theodor Däubler ou Rainer Maria Rilke, voire de langue anglaise comme James Joyce ou de dialecte triestin comme Virgilio Giotti. Le très grand comédien et metteur en scène qu’est Marcel Bozonnet a accepté de donner sa voix à cet « Homme de Trieste » (Médiathèque André Malraux, 1 presqu'île André Malraux).

LE FRANÇAIS EN PARTAGE, 30-31 MARS 2012

     Intitulée LE FRANÇAIS EN PARTAGE, la deuxième séquence de ces 7es Rencontres Européennes de Littérature, les vendredi 30 et samedi 31 mars 2012, sera centrée sur le thème de la coexistence entre langues dominantes et langues locales : au niveau des régions, de la francophonie ou de l'Europe. Elle sera organisée en collaboration avec la Galerie Chantal Bamberger et le Centre Emmanuel-Mounier. Voici un résumé de son programme :
    1) Vendredi 30 mars à 10 h : Rencontre de Valère Novarina avec les étudiants de l’Université de Strasbourg. Valère Novarina est l’un des artistes les plus originaux de notre époque. Inventeur d’un nouveau langage dramatique, il est aussi l’auteur de poèmes, de récits et de nombreux textes théoriques où il réfléchit sur le corps de l’acteur et la parole humaine. Séance organisée par Pascal Maillard (Le Nouveau Patio, Université de Strasbourg, 20 A rue René Descartes)
     2) Vendredi 30 mars à 14 h : Hommage à Valère Novarina. Avec Geneviève Jolly. Lecture de textes de et par Valère Novarina. Valère Novarina passe son enfance et son adolescence au bord du lac Léman. À Paris, il étudie la littérature et la philosophie, rencontre Roger Blin, Marcel Maréchal, Jean-Noël Vuarnet, veut devenir acteur, mais y renonce rapidement. Il écrit tous les jours depuis 1958, mais ne publie qu’à partir de 1978. Le Prix de Littérature Francophone Jean Arp récompense non seulement l’écrivain de premier plan, mais aussi le metteur en scène et le plasticien. Séance animée par Pascal Maillard (Le Nouveau Patio).
     3) Vendredi 30 mars à 16 h 30 : Rencontre de Valère Novarina avec les élèves du Lycée International des Pontonniers. Valère Novarina a accepté d’aller à la rencontre des élèves de la section « Théâtre » des Pontonniers (1 rue des Pontonniers, Strasbourg)
    4) Vendredi 30 mars à 16 h 30 : Hommage à Jörg Wickram (1505-1562) et à sa traductrice Catherine Fouquet. Romancier, dramaturge et poète, Jörg Wickram est l’un de ces écrivains humanistes qui ont fait de la Renaissance l’une des époques les plus brillantes des lettres alsaciennes. Écrite en alsacien du XVIe siècle, son œuvre demeurait pourtant jusqu’à ce jour inaccessible en français. Grande injustice pour un écrivain dont l’humour et la bonhomie ont allègrement franchi les siècles. Normalienne et agrégée d’allemand, Catherine Fouquet, a traduit les Joyeuses histoires à lire en diligence. La projection du film de Charles Giraud (1982) permet de présenter Wickram sous un autre jour. Avec Catherine Fouquet, Charles Giraud, textes lus par Martin Adamiec. Séance animée par François Petry (Munsterhof, 9 rue des Juifs).
    5) Samedi 31 mars à 10 h 30 : Valère Novarina, peintures et dessins. Visite commentée de l’exposition. En marge des travaux d’écriture, Valère Novarina a développé une importante activité graphique, puis picturale : dessins de personnages puis peinture des décors lorsqu’il commence, dès 1986, à mettre en scène certains de ses livres. Un choix de peintures et de dessins est exposé à la galerie Chantal Bamberger (Galerie Chantal Bamberger, 16 rue du 22 novembre, Strasbourg).
    6) Samedi 31 mars à 12 h 30 : Remise solennelle du Prix de Littérature Francophone Jean Arp à Valère Novarina et et de la Bourse de Traduction du Prix du Patrimoine Nathan Katz à Catherine Fouquet (Collège Doctoral Européen, 46 boulevard de la Victoire – sur invitation).
    7) Samedi 31 mars à 15 h : Grand entretien : Nancy Huston dialogue avec Christine Goémé (France Culture). Née à Calgary (Canada) en 1953, Nancy Huston passe son adolescence aux États- Unis. Elle vient à Paris en 1973 et s'y installe. En 1976, elle commence à écrire dans sa langue d'adoption. Son premier roman les Variations Goldberg (1981) reflète sa passion (et son ambivalence) vis-à-vis de la musique. Cantique des plaines (1993), écrit pour une fois dans sa langue maternelle, marque un tournant. Aujourd'hui, elle écrit dans les deux langues et se traduit (Médiathèque André Malraux, 1 presqu'île André Malraux)
    8) Samedi 31 mars à 17h : L’humour alsacien, de Jean Geiler à Germain Muller. Animation musicale. S’il est un trait spécifique de la littérature d’Alsace au travers des siècles, c’est bien la place qu’y tient l’humour sous toutes ses formes. Une bonne dose de malice paysanne, une tradition d’esprit de résistance aux occupants successifs, un goût invétéré du bien-boire et du bien-vivre et une certaine influence également de l’humour juif, voilà quelques ingrédients qui peuvent expliquer une telle constance de la bonne humeur dans les textes de bon nombre des écrivains d’Alsace en dépit des malheurs qu’a vécu leur petite patrie. De Geiler de Kaysersberg (1445-1510) et ses truculentes divagations sur le civet de lièvre à Jörg Wickram (1505-1562) et ses joyeuses facéties, de Conrad Pfeffel (1736-1809) et ses fables faussement naïves à Jean Arp (1886-1966) et ses acrobaties verbales, de Jean Egen (1920-1995) et sa tendre cocasserie à Germain Muller et sa verve satirique (Médiathèque André Malraux, 1 Presqu'île André Malraux).
    9) Samedi 31 mars à 20 h 30 : Concert de clôture des rencontres, sur la parole de Valère Novarina. Avec Xavier Boulanger, comédien, et Frank Van Lamsweerde, violoncelle. Variations autour de Demeure fragile de Valère Novarina. De toutes les définitions de Dieu, la plus belle est celle de Bonhoeffer : « Seul un Dieu faible peut porter secours. Il est venu manger de la terre avec nous, la même que nous. » Louis de Funès disait : « De même, dans notre langue, l'humble verbe grammatical gouverne la phrase en brisant les idoles des mots et les renverse par la simplicité de son mouvement. » Séance organisée par Rémy Vallejo (Église Saint-Guillaume, 1 bis rue Munch).
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