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RENCONTRES 2012

LE PROGRAMME

Samedi 3 mars 2012
PROLOGUE

Rencontre avec Claudio Magris
 

Vendredi 23 et samedi 24 mars

LA PASSION DES LANGUES


Conférence inaugurale :
Tzvetan Todorov  

Rencontres avec Drago Jancar
prix européen de littérature 2011

Table ronde animée par Jean Lebrun
avec Boris Pahor,  Tzvetan Todorov, Drago Jancar,  Boris A. Novak et Jean-Baptiste Para

« L’Homme de Trieste » lu par Marcel Bozonnet 
un itinéraire littéraire à Trieste avec Boris Pahor

Vendredi 30 et samedi 31 mars
LE FRANÇAIS EN PARTAGE

Grand entretien :
Nancy Huston dialogue avec Christine Goémé


Rencontres avec Valère Novarina 
prix Jean Arp de littérature francophone 2011

Hommage à Jörg Wickram
prix Nathan Katz du patrimoine 2011

L’humour alsacien, de Jean Geiler à Germain Muller 
par Jean Lorrain, Liselotte Hamm et  Jean-Marie Hummel 

De mars à juin, à travers l’Alsace
LA PÉRIPHÉRIE DES RENCONTRES

TZVETAN TODOROV, conférence inaugurale, et NANCY HUSTON, grand entretien

VENDREDI 23 MARS 2012 – 14 H 
Tzvetan Todorov : conférence inaugurale
L’avenir de la démocratie en Europe
Palais universitaire, salle Louis Pasteur, place de l’Université

Bulgare d’origine, auteur d’une quarantaine d’ouvrages traduits dans de multiples langues, Tzvetan Todorov est parmi les intellectuels français contemporains le plus connus dans le monde. S’il brille au firmament du ciel scientifique en tant que sémiologue, théoricien de la littérature et propagateur du structuralisme, le grand public reconnaît en lui l’historien des idées et le philosophe engagé, porte-drapeau d’un humanisme critique mais compatissant. Ennemi raisonné de toutes les dictatures, qu’elles soient politiques, économiques ou des médias, il est un Européen convaincu qui se distingue par une fine perception historique des problèmes de notre temps et une approche pragmatique et humaine des solutions. Un grand intellectuel qui sait parler au cœur.

SAMEDI 31 MARS 2012 – 15 H 

Nancy Huston : Grand entretien

Dialogue avec Christine Goémé 
Médiathèque André Malraux, Strasbourg
 
Née à Calgary (Canada) en 1953, Nancy Huston passe son adolescence sur la côte est des États-Unis. Elle vient à Paris en 1973 pour une année d’études et décide de s’y installer. En 1976, elle commence à écrire dans sa langue d’adoption, collaborant à plusieurs journaux et revues. Son premier roman Les Variations Goldberg (1981) reflète sa passion (et son ambivalence) vis-à-vis de la musique. À partir de là, elle alterne romans, essais, livres pour jeune public, scénarii, pièces de théâtre... Cantique des plaines (1993), écrit pour une fois dans sa langue maternelle, marque un tournant. Aujourd’hui, elle écrit dans les deux langues et se traduit vice et versa. Dernières parutions : Lignes de faille (2006, Prix Femina), Passions d’Annie Leclerc (2007), L’espèce fabulatrice (2008), Infrarouge (2010). Son dernier ouvrage, Démons quotidiens, avec des dessins de l’artiste américain Ralph Petty, est paru en septembre 2011 chez L’iconoclaste. Excellente musicienne, elle traite de la musique dans plusieurs de ses romans, et donne par ailleurs de nombreuses lectures-concerts. Christine Goémé est journaliste spécialisée en philosophie. Depuis 1978, elle a produit sur France- Culture des émissions pour Les chemins de la connaissance, À voix nue, Le bon plaisir, Radio libre, Une vie, une œuvre, La matinée des autres... Elle produit aujourd’hui, toujours sur France Culture, L’éloge du savoir. 
 

AUTOUR DE DRAGO JANCAR ET DE BORIS PAHOR

SAMEDI 23 MARS 2012 –  10 h
Rencontre de Boris Pahor avec des élèves du lycée Fustel de Coulanges
Lycée Fustel de Coulanges, Strasbourg
 
Né en 1913 dans une Trieste appartenant alors à l’Empire d’Autriche-Hongrie, le grand écrivain slovène Boris Pahor a survécu aux pires tragédies : résistant dans l’armée de libération yougoslave, il a été déporté au camp du Struthof, en Alsace, puis aux camps de Dachau, de Dora et de Bergen- Belsen. Son œuvre littéraire, qui a largement sa source dans cette épreuve, en fait l’un des plus grands écrivains vivants d’aujourd’hui. À 98 ans il ne cesse de témoigner encore pour « les camarades réduits en cendres, pour leur honneur, mais surtout pour rappeler à la conscience des hommes la valeur de leur sacrifice qui, plus encore que le sacrifice au combat, touche au patrimoine de l’humanité ».


SAMEDI 24 MARS 2012 – 10 h 
Table ronde animee par Jean Lebrun
Avec Boris Pahor, Tzvetan Todorov, Drago Jancar, Boris A. Novak et Jean-Baptiste Para.
Librairie Kléber, Strasbourg
 
Pour une population de 750 millions de personnes, l ’Europe comprend 230 langues parlées. Il n ’est donc pas étonnant que Umberto Eco ait pu écrire que « la traduction est la langue de l’Europe ». Pourtant pour Valéry Larbaud, « Le traducteur est méconnu ; il est assis a la dernière place.... "servir" est sa devise et il ne demande rien pour lui-même, mettant toute sa gloire a être fidèle aux maîtres qu ’il s ’est choisis. » (Sous l’invocation de saint Jérôme). Participants a la table ronde cette année, aux côtés de deux auteurs essentiellement francophones, trois auteurs écrivent en slovène, une langue parlée par moins de 2 millions de personnes. Sans traducteurs de l’envergure d’Andrée Lück-Gaye, qui les connaîtrait ? Jean Lebrun anime cette table ronde. Agrégé d’histoire, il a produit sur France Culture Culture Matin, Pot-au-Feu et Travaux Publics.
 

SAMEDI 24 MARS 2012 – 12 H 
Remise solennelle
du Prix Européen de Littérature 2011 à Drago Jancar
de la Bourse de Traduction  du Prix Européen de Littérature à Andrée Lück-Gaye

de la médaille d’honneur de la Ville de Stasbourg à Boris Pahor 
Salons de l’Hôtel de Ville, Place Broglie


SAMEDI 24 MARS 2012 – 15 H 
Hommage à Drago Jancar, à la littérature slovène et à sa traductrice Andrée Lück-Gaye
En présence de Drago Jancar et Boris A. Novak.
Séance présentée par Jean-Baptiste Para et lectures par Fred Cacheux, du TNS.
Palais du Rhin, 2 place de la République, Strasbourg
 
À la croisée des mondes germanique, latin et slave, la Slovénie occupe dans l’histoire européenne une position comparable à celle de l’Alsace. Comme le texte fondateur de la littérature alsacienne, les Serments de Strasbourg, est daté de 842, le premier texte en langue slovène, les Feuillets de Freising, remonte à 972. Depuis le XIXe siècle une abondante littérature s’est développée en Slovénie et plus encore depuis 1970 avec l’apparition d’une nouvelle génération d’écrivains au nombre desquels Drago Jancar qui occupe, sans conteste, la première place. C’est à lui qu’a été attribué le Prix Européen de Littérature 2011 pour l’ensemble de son œuvre de romancier, de dramaturge et d’essayiste, à l’occasion du 20e anniversaire de l’indépendance de la Slovénie (1991), à laquelle il a activement contribué. Né à Maribor en 1948, condamné en 1974 à un an de prison pour «  propagande en faveur de l’ennemi  », ce n’est qu’après la mort de Tito en 1980 qu’il a pu donner libre cours à son œuvre. «  Sismologue d’une histoire chaotique  », Jancar choisit pour personnages des êtres marginalisés, écrasés par la société, et pour lieux des espaces clos : prisons, casernes ou hôpitaux psychiatriques. Il se garde pourtant de verser dans la compassion ou la protestation. La distance et l’ironie sont la marque de son style.
 
SAMEDI 24 MARS 2012 – 17 h 
« L" homme de Trieste »  
un itineraire littéraire autour de l ’œuvre de Boris Pahor, par Marcel Bozonnet
En présence de Boris Pahor.
Médiathèque André Malraux.

Trieste est un mythe. Une ville tellement ballotée par l ’Histoire d ’une appartenance à l ’autre qu ’elle est devenue un lieu à part, riche de si nombreuses identités qu ’elle ne peut se résumer à aucune. Ville-symbole de la Mitteleuropa, située au carrefour des langues et des cultures, célèbre pour ses cafés litteraires, Trieste est devenue une pépinière d’écrivains comme il en est peu en Europe. Son nom évoque des écrivains de langue italienne comme Italo Svevo, Umberto Saba ou Claudio Magris, mais aussi de langue slovène comme Boris Pahor, de langue allemande comme Theodor Daubler ou Rainer Maria Rilke, voire de langue anglaise comme James Joyce ou de dialecte triestin comme Virgilio Giotti. Mémoire vivante de sa ville, Boris Pahor, aujourd ’hui presque centenaire, né austro-hongrois, slovénophone, de nationalité italienne, est certainement le mieux placé pour nous guider dans cette ville mythique, pour nous faire sentir a la manière des hétéronymes de Pessoa, l ’écrivain de Lisbonne, la complexité et la richesse de «  l ’Homme de Trieste  ». Le très grand comédien et metteur en scène qu ’est Marcel Bozonnet, ancien directeur du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris (1993-2001) puis administrateur général de la Comédie Francaise (2001-2006), a accepté de donner sa voix à cet «  Homme de Trieste  ». En liminaire a cette lecture, Boris Pahor apporte son témoignage sur le destin de sa ville et sur son itinéraire personnel au travers d ’un siècle de bouleversements.

AUTOUR DE VALÈRE NOVARINA

VENDREDI 30 MARS – 10 h 
Rencontre de Valère Novarina avec les étudiants de l’Université de Strasbourg
Le Nouveau Patio, salle des thèses, Université de Strasbourg
 
Valère Novarina est l’un des artistes les plus originaux de notre époque. Inventeur d’un nouveau langage dramatique, il est aussi l’auteur de poèmes, de récits et de nombreux textes théoriques où ilréfléchit sur le corps de l’acteur et la parole humaine. En relation étroite avec son abondanteproduction littéraire, Valère Novarina a aussi construit une œuvre importante de plasticien.


VENDREDI 30 MARS – 14 h  
Hommage à Valère Novarina
Avec Geneviève Jolly, maître de conférence à l ’UFR des Arts. Lecture de textes de et par Valère Novarina
Le Nouveau Patio, salle des thèses, Université de Strasbourg
 
Valère Novarina passé son enfance et son adolescence au bord du lac Léman. À Paris, il étudie la littérature et la philosophie, rencontre Roger Blin, Marcel Maréchal, Jean-Noël Vuarnet, veut devenir acteur, mais y renonce rapidement. Il écrit tous les jours depuis 1958, mais ne publie qu ’à partir de 1978. Le Prix de Littérature Francophone Jean Arp récompense non seulement l ’écrivain de premier plan, mais aussi le metteur en scène et le plasticien.


VENDREDI 30 MARS 2012 – 16 h 30
Rencontre de Valère Novarina avec les élèves du Lycée International des Pontonniers
Lycée International des Pontonniers, Strasbourg
 
Valère Novarina a accepté d’aller à la rencontre des élèves de la section « Théâtre » du Lycée des Pontonniers.


SAMEDI 31 MARS 2012 – 10 h 30
Valère Novarina : peintures et dessins

Galerie Chantal Bamberger, Strasbourg
 
En marge des travaux d’écriture, Valère Novarina a développé une importante activité graphique, puis picturale : dessins de personnages puis peinture des décors lorsqu’il commence, dès 1986, à mettre en scène certains de ses livres. Un choix significatif de peintures et de dessins est exposé à la galerie Chantal Bamberger. Le public bénéficiera d’une visite commentée de l’exposition.
 

SAMEDI 31 MARS 2012 – 14 h 
Remise solennelle
du Prix Jean Arp de Littérature Francophone 2011 à Valère Novarina
Collège Doctoral Européen, Université de Strasbourg

SAMEDI 31 MARS 2012 – 20 h 30
Concert de clôture des 7es Rencontres européennes de littérature
Sur la parole de Valère Novarina
Avec Xavier Boulanger, comédien, et Frank Van Lamsweerde, violoncelle
Église Saint-Guillaume, Strasbourg
 
Devant la Parole. Florilège, inhabitation et résonances, pérégrinations du verbe et variations concertantes autour de Demeure fragile de Valère Novarina. C’est par sa fragilité que le verbe règne. De toutes les définitions de Dieu qui se puissent collecter, la plus belle est celle de Bonhoeffer. « Seul un Dieu faible peut porter secours. Il est venu manger de la terre avec nous, la même que nous. » Louis de Funès disait : « De même, dans notre langue, l’humble verbe grammatical gouverne la phrase en brisant les idoles des mots et les renverse par la simplicitéde son mouvement. » Séance organisée par Rémy Vallejo et le Centre Emmanuel-Mounier.

AUTOUR DE JÖRG WICKRAM

VENDREDI 30 MARS 2012 – 16 h 30
Hommage à Jörg Wickram (1505-1562) et à sa traductrice Catherine Fouquet
Avec Catherine Fouquet, Charles Giraud, lectures de textes par Martin Adamiec.
Munsterhof, Strasbourg
 
Jörg Wickram est l’un des grands noms du patrimoine littéraire alsacien. Romancier, dramaturge et poète, il est l’un de ces écrivains humanistes qui ont fait de la Renaissance l’une des époques les plus brillantes des lettres alsaciennes. Mais son œuvre, écrite en alsacien du XVIe siècle et jamais traduite en français, demeurait jusqu’à ce jour inaccessible. Grande injustice pour un écrivain dont l’humour et la bonhomie ont allègrement franchi les siècles et qui a bien des choses à nous apprendre sur l’Alsace de son époque. Les Joyeuses histoires à lire en diligence (le fameux Rollwagenbüchlin) de Jörg Wickram remportèrent dès leur parution un vif succès et n’ont cessé d’être rééditées tout au long du 16e siècle. Aux 67 facéties de la première édition, il dut en rajouter 43 nouvelles, toutes écrites, insiste Wickram, « dans un but de pur et bon divertissement » sans prétendre « ni instruire ni d’édifier ». Il s’agit avant tout de désennuyer ceux qui sont amenés à voyager en diligence, femmes, jeunes filles, mais surtout marchands se rendant sur les foires européennes. En somme, ce livre est le grand ancêtre de la moderne « littérature de gare ». Ce faisant, Wickram nous donne une image vivante et étonnamment réaliste de la société de son temps. Normalienne et agrégée d’allemand, Catherine Fouquet, traductrice de ces Joyeuses histoires pour lesquelles elle a reçu la Bourse de Traduction 2011 du Prix du Patrimoine Nathan Katz, est maître de conférences à l’université de Haute-Alsace. La projection du film de Charles Giraud (1982), avec la voix de Bernard Freydt permet de présenter la personnalité de Wickram sous un autre jour. L’objet de ce film entièrement scénarisé, tourné par des comédiens en costumes d’époque dans des lieux comme la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, le musée de l’Œuvre Notre-Dame, le château de Dachstein ou celui du Haut-Koenigsbourg est de faire découvrir cet écrivain alsacien du 16e siècle dont l’existence présente de nombreux mystères. « Bâtard né à Colmar, fils du riche sénateur Konrad Wickram, je ne peux m’empêcher de penser que j’étais un être un peu en marge ». N’ayant reçu aucune éducation universitaire, il ne cesse d’observer la petite comédie humaine qui lui fournira la matière de ses ouvrages. « Ce petit peuple de Colmar et de sa campagne, qui m’était si proche, c’est lui qui m’inspira les héros de mes livres, qu’ils soient bourgeois ou paysans ».

SAMEDI 31 MARS 2012 – 14 h 
Remise solennelle 
du Prix Nathan Katz du Patrimoine 2011 à Catherine Fouquet
Collège Doctoral Européen, Université de Strasbourg


SAMEDI 31 MARS 2012 – 17 h 
L’humour alsacien, de Jean Geiler à Germain Muller
Avec Jean Lorrain, Jean-Paul Gunsett, Liselotte Hamm et Jean-Marie Hummel
Médiathèque André Malraux, Strasbourg
 
S’il est un trait spécifique de la littérature d’Alsace au travers des siècles, c’est bien la place qu’y tient l’humour sous toutes ses formes : fantaisie, bouffonneries, truculence, raillerie et bien souventaussi autodérision. Une bonne dose de malice paysanne, une tradition d’esprit de résistance aux occupants successifs, un goût invétéré du bien-boire et du bien-vivre et n’oublions pas non plus, une certaine influence également de l’humour juif, voilà quelques ingrédients qui peuvent expliquer une telle constance de la bonne humeur dans les textes de bon nombre des écrivains d’Alsace en dépit des malheurs qu’a vécu leur petite patrie. Les Rabelais et Queneau ne sont pas si nombreux dans la littérature française ni les Grimmelshausen ou les Morgenstern dans la littérature allemande. Dans la littérature alsacienne, à l’inverse, on a l’impression que ce sont les rabat-joie qui font figure d’exception. De Geiler de Kaysersberg (1445-1510) et ses truculentes divagations sur le civet de lièvre à Jörg Wickram (1505-1562) et ses joyeuses facéties, de Conrad Pfeffel (1736-1809) et ses fables faussement naïves à Jean Arp (1886-1966) et ses acrobaties verbales, de Jean Egen (1920-1995) et sa tendre cocasserie à Germain Muller et sa verve satirique. Dans toutes les langues de l’Alsace, sur tous les registres de l’humour, avec toutes les ressources de leur talent poétique et musical, Liselotte Hamm et Jean-Marie Hummel, en dialogue avec Jean Lorrain et Jean-Paul Gunsett, nous font partager la belle humeur d’auteurs qui méritent qu’on ne les oublie pas.

REVUE DE PRESSE

Drago Jancar est lauréat du Prix européen de littérature 2011
DNA Dernières Nouvelles d’Alsace (15/11/2011) par Antoine Wicker

À ce même palmarès de l’Association Capitale européenne des littératures figurent, avec l’écrivain et dramaturge Slovène, Valère Novarina et Jb’rg Wickram. Y figurent également, comme il est ici de tradition, les lauréats des bourses de traduction associées à ces prix décernés chaque année à Strasbourg, depuis 2005 pour le premier d’entre eux  : un Prix européen de littérature qui d’année en année distingue en tous pays européens un écrivain de grande stature, habituellement ignoré de la scène médiatico-littéraire – ont été ainsi salués, à très juste titre, l’Espagnol Antonio Gamoneda, le Finlandais Bo Carpelan, le Polonais Tadeusz Rozewicz, l’Allemand Tankred Dorst, la Grecque Kiki Dimoula, l’Anglais Tony Harrison.

Drago Jancar cette fois-ci, romancier, nouvelliste et dramaturge, qui fit de la distance et de l’ironie la marque première de son style. Éditeur aussi, acteur et témoin, et «  sismologue  » de l’histoire chaotique de son pays : né en 1948 à Maribor, il est dès 1974, encore étudiant, emprisonné pour «  propagande en faveur de l’ennemi  », et se compta en 1987 parmi les signataires du Manifeste des intellectuels pour une Slovénie démocratique et indépendante. Il prit part remarquée ensuite à l’effective démocratisation de son pays, en tant que président du PEN Club Slovène, et apporta son soutien aux Bosniaques de Sarajevo assiégée - les palmarès de l’ACEL manifestent clair et constant souci de l’engagement de ses lauréats dans les combats et défis de l’époque. La bourse de traduction associée à ce prix récompense Andrée Luck-Gaye, qui a donné en français l’oeuvre de Boris Pahor comme celle aussi de Drago Jancar - un nouvel ouvrage du lauréat est annoncé aux éditions Arfuyen.

Et le toujours bien inspiré Prix du patrimoine Nathan Katz de l’ACEL, décerné depuis 2004, distingue Jörg Wickram, romancier, nouvelliste, dramaturge et poète né à Colmar vers 1505 - l’un des auteurs phares de la Renaissance en Alsace : lauréate de la bourse de traduction associée à ce prix, Catherine Fouquet signe, à paraître chez Arfuyen, la première traduction française de ses Joyeuses histoires à lire en diligence - le facétieux Rollwagenbûchlin d’un artiste qui manifesta grande diversité de dons  : un père du roman allemand.

Le prix Arp à Valère Novarina Prix Arp de littérature francophone enfin, idéalement ajusté à ce palmarès  : il va à Valère Novarina - et c’est très belle fête qui est ainsi promise à tous les amis de la poésie et du théâtre à Strasbourg, où l’écrivain et dramaturge et artiste plasticien est un peu comme à la maison, depuis bien des saisons, au TNS comme au Maillon.

Cette action de l’ACEL est aujourd’hui la plus belle et forte action entreprise à Strasbourg et en Alsace dans le champ littéraire et poétique – Ville et Région, avec l’Université, la soutiennent sans réserve. Et les prix 2011 de l’ACEL seront officiellement remis à la fin du mois de mars prochain dans le cadre des 7e Rencontres européennes de littérature organisées en association avec la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg – elles apportent contribution essentielle à la manifestation «  Traduire l’Europe  » suscitée par la Ville diverses rencontres, lectures et expositions y sont annoncées, et Tzvetan Todorov y prononcera, le 23 mars, la conférence inaugurale des Rencontres, sur le thème de «  La passion des langues  ». Exemplaire scénario.