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RENCONTRES 2014

PROGRAMME

DU 15 AU 25 MARS 2014 

Invité d’honneur : LUC BOLTANSKI
- Conférence inaugurale des 9es Rencontres Européennes de Littérature
- Table ronde en présence de Luc Boltanski : « Pour une nouvelle sociologie de l’art »

Rencontres avec ERRI DE LUCA, Prix Européen de Littérature 2013
- Au TNS : « Le Panneau », d’Erri De Luca, par André Pomarat et Fred Cacheux
- « Naples, paroles et musique » : avec Erri De Luca et Gianmaria Testa 

1914-2014 : l’Europe, destruction et reconstruction  

- STEFAN ZWEIG : « vers l’unification de l’Europe »
- JACQUES DARRAS : « Tout reprendre à 1914 », conférence-lecture, chanson et musiques de la Grande Guerre 
- Table ronde : « Traduire, éditer et exposer les poètes de la Grande Guerre »

Rencontres avec MARCEL COHEN
Prix Jean Arp de Littérature Francophone 2013

Hommage à ERNST STADLER (1883-1914)
Prix Nathan Katz du Patrimoine 2013
et à son traducteur PHILIPPE ABRY 

Table ronde animée par JEAN-BAPTISTE PARA : 
avec Erri De Luca, Marcel Cohen, Danièle Valin et Philippe Abry

LUC BOLTANSKI, Invité d’honneur

MARDI 18 MARS 2014 – 18 H. 
LUC BOLTANSKI : CONFÉRENCE INAUGURALE
L’œuvre d’art et les évolutions du capitalisme


Séance animée par Gildas Renou, chercheur au CNRS - Université de Strasbourg 
Palais universitaire, salle Jean Tauler, 9 place de l’Université, Strasbourg 
Né en 1940, Luc Boltanski est écrivain et sociologue. Après de premières recherches dans le cadre du Centre de sociologie européenne, dirigé par Raymond Aron puis Pierre Bourdieu, il a participé à la fondation de la revue Actes de la recherche en sciences sociales. Avec Laurent Thévenot, il a été l’initiateur de la sociologie pragmatique, qui cherche à intégrer la capacité des acteurs à s’ajuster aux situations de la vie sociale et dont le champ n’a cessé de s’étendre, de l’économie, du travail et de l’environnement, à la santé, l’éducation et la création artistique. L’écho considérable obtenu par son ouvrage Le Nouvel esprit du capitalisme (1999), suivi notamment de La Condition foetale (2004), De la critique. Précis de sociologie de l’émancipation (2009) et Énigmes et complots (2012) ont confirmé la place de premier plan d’une approche riche de paradoxes. Recevant en 2012 le premier prix Pétrarque de l’essai, Luc Boltanski s’exprimait en ces termes : « Si l’on veut restaurer la croyance dans la démocratie, il faut défendre la cause de la critique. C’est-à-dire non seulement l’autoriser en parole, mais lui redonner les moyens d’avoir prise sur la réalité. […] Pour s’orienter vers un changement de ce type, il faut assumer pleinement la rupture avec la théologie politique, rupture qui est inhérente à l’idée même de démocratie. Mais aussi renoncer à cet autre absolutisme qui se réclame de la science et, particulièrement, actuellement, de l’économie néoclassique. C’est-à-dire admettre que les institutions sont sans fondement, et que le pouvoir qu’elles exercent repose sur un “lieu vide”, pour reprendre une expression du philosophe Claude Lefort » (Le Monde, 11.07.2012).

MERCREDI 19 MARS – 14 h :
  « Pour une nouvelle sociologie de l’art », table ronde avec Geneviève Jolly, Roland Pfefferkorn, Jean-Claude Chirollet, Gildas Renou et Vincent Dubois. Animée par Pascal Maillard. 
L’intérêt de Luc Boltanski pour l’art n’est pas seulement celui du sociologue qui a prolongé les travaux de Pierre Bourdieu, en se distinguant de son maître pour inventer son oeuvre propre. Il est aussi écrivain. Son œuvre littéraire comprend des pièces de théâtre ainsi que des livres de poésie. Après avoir évoqué la place de la pratique artistique dans la formation et l’itinéraire intellectuel du sociologue, cette table ronde permettra d’aborder la question des apports théoriques et critiques de la sociologie à notre compréhension de l’art. Mais l’art n’est-il pas aussi une épreuve pour la sociologie ? En quoi est-il un enjeu pour une « sociologie de l’émancipation » ? Quelle place et quel rôle peut avoir une sociologie critique de l’art et des institutions culturelles dans le champ des sciences humaines et sociales ? Telles sont quelques-unes des questions qu’aborderont les chercheurs rassemblés autour de Luc Boltanski. La table ronde se prolongera par un dialogue avec le public (MISHA, salle de conférence, 5 allée du Général Rouvillois, Strasbourg)

AUTOUR D’ERRI DE LUCA

VENDREDI 21 MARS – 20 h 30 : « Le Panneau » d’Erri De Luca, au TNS, par André Pomarat et Fred Cacheux. En présence d’Erri De Luca et de la traductrice, Danièle Valin. 
« Le Panneau »  est tiré de In alto a sinistra (En haut à gauche) publié en Italie en 1994 qui contient en germe nombre de livres à venir d’Erri De Luca. Partant d’un mince événement survenu à l’école lors de l’adolescence de l’auteur (« On avait détaché un panneau du bureau pour regarder les jambes de la remplaçante »), Erri De Luca construit une intense et savoureuse réflexion sur le refus de la délation. Seuls deux élèves ont retiré le fameux panneau et toute la classe est menacée, si les élèves ne se dénoncent pas. « C’est l’histoire du comportement obstiné d’un groupe d’étudiants unis simplement par leur inscription commune à la section B, en seconde, pour l’année scolaire 1966-1967. » Quelles sont les conséquences de cet acte ? Que font les coupables devant les demandes de dénonciation ? Comment réagissent-ils devant le chantage ? Que fait l’autorité devant le silence obstiné et le refus des aveux ? Seule l’intervention d’un vieux professeur de latin-grec, dont le portrait est merveilleusement brossé, pourra sauver les élèves d’une inévitable et sévère sanction en leur apprenant ce qui distingue la noble solidarité devant l’injustice, de l’omerta motivée par la peur ou de l’hostilité partisane dictée par l’esprit de corps. Une manière aussi de rendre hommage au pouvoir d’une parole vraie et à la sagesse d’un véritable pédagogue. Erri De Luca excelle à transmettre la beauté des corps et des objets, la chair du monde et des livres. Chaque expérience devient une source d’enseignement que les mots viennent prolonger. 
Figure emblématique du spectacle vivant, André Pomarat est élève de la première promotion del’École Supérieure d’Art Dramatique de Strasbourg. De 1957 à 1973, il participe à une quarantaine de spectacles au sein de la troupe permanente du Centre Dramatique de l’Est. Parallèlement, il enseigne à l’École du Théâtre National de Strasbourg pendant douze ans. En 1974, il crée le Théâtre Jeune Public (TJP) de Strasbourg et fonde en 1976 le festival Les Giboulées de la marionnette. En 2010, il remonte sur la scène du Théâtre National de Strasbourg dans La Cerisaie, mise en scène par Julie Brochen, avec qui il travaille ensuite sur les créations de Dom Juan de Molière et Liquidation d’Imre Kertész. Issu du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, Fred Cacheux est comédien de la troupe du TNS. Après la lecture, Erri De Luca et Danièle Valin répondent aux questions de Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef de la revue Europe, et du public (TNS, salle Hubert Gignoux, 1 avenue de la Marseillaise, Strasbourg)
 
SAMEDI 22 MARS – 10 h 30 : Table ronde avec Erri De Luca, Marcel Cohen, Danièle Valin et Philippe Abry. Animée par Jean-Baptiste Para.
Avons-nous assez confiance en nos livres ? Une grande civilisation, rappelle Marcel Cohen, est celle dont la foi en ses textes est la plus forte : « Pour le philosophe Karl Popper, cette intime conviction qui nous vient des livres ne mène pas seulement à l’arrogance : elle peut changer le cours de l’histoire. Selon Popper, au Ve siècle avant J.-C., c’est à l’extraordinaire conscience qu’ils avaient d’eux-mêmes que les Grecs durent leurs exploits face à l’immense empire perse : rien n’aurait pu les convaincre que les rouleaux (et notamment ceux de l’Iliade et de l’Odyssée) vendus par les copistes athéniens ne supplantaient pas tout ce qu’on avait pu écrire jusque-là. » Le grand écrivain italien Erri De Luca, traducteur de l’hébreu et du yiddish, participe à cette table ronde avec l’écrivain français d’origine judéo-espagnole et grand voyageur Marcel Cohen. À leurs côtés deux traducteurs : Danièle Valin , qui a traduit l’ensemble des ouvrages d’Erri De Luca publiés en français, et Philippe Abry, à qui l’on doit la première traduction française intégrale de l’œuvre majeure d’Ernst Stadler. Jean-Baptiste Para anime cette table ronde. Poète, traducteur et critique d’art, il est rédacteur en chef de la revue Europe, fondée en 1923 par Romain Rolland (Librairie Kléber, 1 rue des Francs Bourgeois, Strasbourg).
 
SAMEDI 22 MARS – 12 h 30 :  Remise solennelle du Prix Européen de Littérature et du Prix Nathan Katz du Patrimoine et leurs Bourses de Traduction. 
Le Prix Européen de Littérature et sa Bourse de Traduction sont placés sous le patronage de M.Thorbjørn Jagland, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, et parrainés par la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg. Le Prix est remis cette année à Erri De Luca, pour l’ensemble de son œuvre de romancier, d’essayiste, de poète, de dramaturge, mais aussi de traducteur, marquée par une vive conscience des enjeux politiques de notre époque comme par une constante ouverture aux textes fondateurs de la tradition juive. La Bourse de Traduction est remise à Danièle Valin, pour ses traductions de l’œuvre d’Erri De Luca et pour l’ensemble de ses travaux qui ont permis de faire connaître la littérature italienne contemporaine (salons de l’Hôtel de Ville – 9 rue Brûlée, Strasbourg)

SAMEDI 22 MARS 2014 – 17 h 30 : « Naples, paroles et musique », avec Erri De Luca, Gianmaria Testa et Fred Cacheux. Avec l’Institut Culturel Italien de Strasbourg.
Les romans d’Erri De Luca se situent tous à Naples et ont tous un fondement autobiographique. « Mes romans se ressemblent parce que le personnage principal en est la ville de Naples. Tous les autres protagonistes sont des fourmis, installées sur les pentes du volcan ». À travers des extraits de plusieurs ouvrages, cette lecture abordera les différents aspects que revêt pour l’auteur ce singulier « personnage ». La proximité vénérée et redoutée du Vésuve, celle de la mer Tyrrhénienne « qui nous dressait depuis l’enfance et nous rendait grave », une enfance livrée à elle-même, le difficile apprentissage de la vie, les ruelles de Naples et l’âpre beauté de la nature qui l’entoure, le vent, les marins, les poissons, mais aussi la langue. Erri De Luca a toujours parlé le napolitain avec sa mère, tandis que son père tenait à ce que sa sœur et lui parlent un italien parfait. S’il voit l’italien « comme une étoffe, un vêtement sur le corps nu du dialecte, un dialecte très à l’aise dans l’insolence », il utilisera le caractère imagé et savoureux du napolitain dans ses romans et le mettra dans la bouche de ses personnages. Fred Cacheux, comédien du TNS, issu du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, lit les textes de De Luca. Gianmaria Testa est un musicien né en 1958 à Cavallermaggiore. Autodidacte, il compose ses premiers morceaux à la guitare tout en exerçant son métier de chef de gare à Coni. En 1995 sort en France, chez Label Bleu, son premier disque, Montgolfières. Depuis lors, Erri De Luca et Gianmaria Testa sont devenus de vrais amis (Médiathèque André Malraux, 1 Presqu’île André Malraux, Strasbourg. Réservations au 03 88 45 10 10).

AUTOUR DE MARCEL COHEN

JEUDI 20 MARS – 12 h 15 : Remise solennelle du Prix Jean Arp de Littérature Francophone et du Prix Louise Weiss de l’Université de Strasbourg
Le Prix Jean Arp de Littérature Francophone est parrainé par le Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Alsace) et l’Université de Strasbourg. Il est remis cette année à Marcel Cohen, né en 1937 à Asnières-sur-Seine, pour l’ensemble d’une œuvre inclassable par sa forme, échappant à la narration, à l’essai comme à la poésie et éminemment classique par sa sobriété et son élégance.
 
JEUDI 20 MARS – 16 h :  Marcel Cohen, de port en port, dialogue avec les étudiants de la Faculté des lettres
Marcel Cohen est né en 1937 dans une famille originaire de Turquie et qui, à la maison, parlait encore l’espagnol de ses ancêtres, chassés d’Espagne au XVe siècle. « Enfant caché » pendant la guerre, selon l’expression consacrée, il est au nombre des juifs qui ont vu toute leur famille proche disparaître dans les camps. Dès le lycée, il parcourt l’Europe en auto-stop, notamment grâce àune bourse de la Fondation Zellidja. Après des études d’art et de journalisme, il part seul et presque sans argent vers l’Inde, toujours en auto-stop, attiré par ses confins himalayens. Journaliste, il est envoyé spécial en Afrique du Nord, en Amérique Latine, au Moyen-Orient et aux USA, où il séjourne comme boursier d’une université du Middle West et correspondant d’un quotidien parisien. Depuis une vingtaine d’années, il voyage avec sa femme, pendant les vacances, sur les porteconteneurs qui sillonnent les océans, transportant à peu près tout ce que nous consommons, des ordinateurs aux régimes de bananes. Parce que les grands ports, les navires qui y relâchent et les immenses zones de non-droit que constituent les océans sont le théâtre d’une guerre économique à outrance, il a l’impression de voir se lever là un ultime voile. Il a consigné ces expériences de la mer dans plusieurs textes de sa trilogie Faits, publiée entre 2002 et 2010 chez Gallimard ainsi que dans un petit livre très documenté intitulé À des années-lumière (Le Portique, salle 409, 14 rue René Descartes, Strasbourg)

VENDREDI 21 MARS – 10 h :
Rencontre de Marcel Cohen avec les élèves du Lycée Jean Monnet
« La littérature, c’est aussi, c’est peut-être même d’abord, une très grande méfiance à l’égard de la littérature », confie Marcel Cohen dans un entretien à la revue Europe. C’est que l’écrivain de la mémoire et des faits se défie des facilités de la fiction et des leurres de l’imaginaire. Ses proses, d’une rare exigence, auscultent la mémoire et constituent autant de sondes lancées dans un passé personnel et historique dont l’écrivain revient avec une vérité que ses lecteurs ne pourront jamais oublier. Dans Sur la scène intérieure, il a consigné souvenirs personnels et témoignages sur safamille, disparue dans les camps en 1943 et 1944. Marcel Cohen a, par ailleurs, beaucoup écrit sur l’art contemporain pour des revues, galeries, musées et centres d’art. Ses textes sur Antonio Saura ont été réunis sous le titre Quelques faces visibles du silence (L’Échoppe, 2000). Marcel Cohen dialoguera avec les élèves du lycée Jean Monnet de Strasbourg et leur professeur, Patricia Ott. Séance organisée par Anne-Marie Soulier (Lycée Jean Monnet, 2 place Albert Schweitzer, Strasbourg Neudorf)
 
VENDREDI 21 MARS – 17 h 30 : Hommage à Marcel Cohen, Prix Jean Arp de Littérature Francophone 2013. Avec Luc Schillinger et Pascal Maillard.
Né en 1937 à Asnières-sur-Seine, Marcel Cohen a vu l’anéantissement de ses proches à Auschwitz. Après des études d’art et de journalisme, il voyage et vit en Inde, au Moyen-Orient, en Amériquelatine, en Afrique du nord et aux USA, où il a séjourné comme boursier d’une université et correspondant d’un quotidien parisien. En octobre 2010, il publie le troisième et dernier livre des Faits, dont le premier livre est paru en 2002 et le deuxième en 2007. « C’est l’humanité de l’homme qui a perdu l’essentiel de sa crédibilité », affirme Marcel Cohen au sujet des crimes et massacres qui ont ensanglanté le 20e siècle. Aux Éditions Gallimard, il a notamment publié Assassinat d’un garde, 1998 ; Faits, Lecture courante à l’usage des grands débutants, 2002 ; Faits II, 2007 ; Faits III, Suite et fin, 2010 ; Sur la scène intérieure, Faits, collection L’Un et l’autre, 2013. Chez d’autres éditeurs sont paru récemment : Trente-cinq minutes, Chandeigne, 2008 ; Doxa, Éditions de l’Attente, 2008 ; À des années-lumière, Fario, 2013. À l’occasion de la remise du Prix Jean Arp de Littérature Francophone, un nouveau livre paraît aux Éditions Arfuyen, L’Homme qui avait peur des livres. Luc Schillinger, comédien, auteur et compositeur a travaillé au théâtre avec notamment Peter Schuman du Bread and Puppet, Bernard Bloch, Jean-Louis Hourdin, Hélène Vincent, Jean-Louis Martinelli, Georges Aperghis, Guillaume Dujardin. Co-fondateur en 1975 de la Jung Elsasser Bühn, pour un théâtre dialectal contemporain, il a également tourné pour la télévision et le cinéma (Librairie Kléber, 1 rue des Francs Bourgeois, Strasbourg)

AUTOUR DE JACQUES DARRAS ET DE PHILIPPE CLAUDEL

JEUDI 20 MARS – 10 h : Rencontre de Jacques Darras avec les élèves du lycée des Pontonniers
Né en 1939, Jacques Darras est poète et écrivain. Fils d’un couple d’instituteurs, il a fréquenté le lycée d’Abbeville puis le lycée Henri IV. Admis à l’École Normale Supérieure en 1960, il obtient en 1966 l’agrégation d’anglais. Nommé au lycée Grandmont de Tours, il devient assistant à la nouvelle Université de Picardie où il fera toute sa carrière : professeur en 1978 avec une thèse sur « Joseph Conrad et les signes de l’Empire », il sera doyen de Faculté de 1984 à 1999. Parallèlement, il fonde la revue littéraire in’hui et se lance dans la grande aventure poétique de la Maye : le volume inaugural La Maye I paraît en 1988. Sept autres volumes suivront. Il a publié plusieurs essais parmi lesquels Nous sommes tous des romantiques allemands (Calmann-Lévy, 2002), Nous ne sommes pas faits pour la mort (Stock, 2006) et Les îles gardent l’horizon (Hermann, 2008). Distingué par le Prix Apollinaire (2004) et le Grand Prix de Poésie de l’Académie française (2006), il préside depuis 2009 le Marché de la Poésie de Paris. Dans le cadre de la préparation de l’exposition « 1914. La mort des poètes », Jacques Darras vient de publier Je sors enfin du Bois de la Gruerie (Arfuyen). Il dialoguera avec les élèves du lycée des Pontonniers de Strasbourg et leur professeur, Daniela Battiston. Séance organisée par Anne-Marie Soulier (Lycée des Pontonniers, 1 rue des Pontonniers, Strasbourg)
 
JEUDI 20 MARS – 10 h : Rencontre de Philippe Claudel avec les élèves du Lycée Kléber
Philippe Claudel est un écrivain de tout premier plan, auteur d’une trentaine d’ouvrages, principalement des romans et des nouvelles. Lauréat de nombreux prix littéraires dont le prix Renaudot pour Les âmes grises et le Goncourt des Lycéens pour Le Rapport de Brodeck, il est traduit dans de nombreux pays. Il est aussi l’auteur de deux pièces de théâtre et de trois films : Il y a longtemps que je t’aime, couronné par deux César, Tous les soleils dont l’action se passe à Strasbourg et plus récemment Avant l’hiver avec Daniel Auteuil et Kristin Scott Thomas. L’écrivain et cinéaste est également maître de conférences à l’Université de Lorraine où il enseigne l’écriture scénaristique. Philippe Claudel parraine la première édition du Prix Louise Weiss de littérature de l’Université de
Strasbourg. Philippe Claudel dialoguera avec les élèves de classes préparatoires du lycée Kléber de Strasbourg et leur professeur, Dominique Maillard. Séance organisée par Anne-Marie Soulier (Lycée Kléber, 25 place de Bordeaux, Strasbourg)
 
JEUDI 20 MARS – 12 h 15 : Remise solennelle du Prix Jean Arp de Littérature Francophone et du Prix Louise Weiss de l’Université de Strasbourg
Le Prix Louise Weiss de littérature est une création de l’Université de Strasbourg, en partenariat avec l’Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL). Il s’agit d’un concours littéraire ouvert à tous les étudiants de l’université et dont le jury est constitué des étudiants eux-mêmes, lesquels sélectionnent les trois lauréats par un vote électronique. Cette première édition est placée sous le parrainage de l’écrivain et cinéaste Philippe Claudel (Collège Doctoral Européen, 46 bd de la Victoire, Strasbourg)

JEUDI 20 MARS – 17 h : « Tout reprendre à 1914 », conférence-lecture par Jacques Darras. Chansons et musiques de la Grande Guerre par Denis Lecocq et Anne-Marie Soulier, avec Patrice Fessel à l’accordéon.  
Passionné d’histoire et marqué par la force des lieux, Jacques Darras se sent depuis toujours européen de cœur. Né tout près des champs de bataille de Picardie, il ne pouvait être insensible au 100e anniversaire du déclenchement de la Grande Guerre. L’écrivain a retrouvé la trace de son grand-père, tué le 24 septembre 1914. Il s’est rendu en ce Bois de la Gruerie sur lequel la mémoire familiale a fait peser un si lourd silence. Pour mettre fin à l’amnésie et pouvoir enfin penser l’Europe, il faut « tout reprendre à 1914 ». C’est parce que les leçons de la Grande Guerre n’avaient pas été tirées que le pire s’est reproduit en 1939-1945 : « Qu’est-ce qui fait que nous ne désobéissons pas ou si peu ? / Qu’est-ce qui fait que nous consentons à nous laisser habiller en tueurs ? » La méditation de Darras est une émouvante et vibrante reconnaissance de ceux qui ont su prendre la mesure de la tragédie : des écrivains comme Romain Rolland, Zweig, Freud, Remarque ; des poètes comme Jouve,  Sassoon, Owen, Hugo Ball. Elle résulte d’une suggestion de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNU) dans le cadre de l’exposition « 1914. La mort des poètes » organisée avec la Bibliothèque bodléienne d’Oxford et les Archives littéraires de Marbach. Lancée d’après une idée originale de l’Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL), cette exposition marquera à l’automne 2014 la réouverture du bâtiment historique de la BNU (Médiathèque A. Malraux,1 Presqu’île André Malraux, Strasbourg)

VENDREDI 21 MARS – 10 h :  « Traduire, éditer et exposer les poètes de la Grande Guerre », table ronde en présence de J. Darras et Ph. Abry. Avec Olivier Deloignon, Pierre schweitzer, Julien Collonges et Raphaël Georges. Animé par Maud Pfaff et Pierre Deshusses.
Péguy et Stadler sont morts au front au tout début de la Grande Guerre. Stadler admirait l’œuvre de Péguy, avec qui il a correspondu et qu’il a fait connaître en Allemagne. Une légende a même été forgée peu après leur mort, supposant qu’ils auraient échangé des lettres d’une tranchée à l’autre. Traduire, commenter, éditer aujourd’hui leurs œuvres, y retrouver des préoccupations communes, au-delà des appartenances nationales, c’est dépasser la perspective de la commémoration, pour montrer que ces auteurs, morts il y a 100 ans, sont porteurs d’interrogations qui touchent encore nos contemporains. Cette table ronde associe un écrivain et poète, Jacques Darras, un traducteur de Stadler, un chercheur en sciences historiques, un conservateur à la BNU et un enseignant de la Haute École des Arts du Rhin. Les étudiants du Master Édition de la Faculté des lettres, ceux du master de Traduction littéraire de l’ITIRI et leurs camarades de la Haute École des Arts du Rhin échangeront sur les travaux réalisés dans un atelier d’édition commun, mené en collaboration avec la BNU. Ces créations éditoriales attestent que ces œuvres peuvent être réinterrogées au XXIe siècle et sont toujours vivantes aujourd’hui. En collaboration avec la BNU, la Haute École des Arts du Rhin, la Faculté des lettres, la Faculté des sciences humaines appliquées et l’ITIRI, la Faculté des langues et des cultures étrangères de l’Université de Strasbourg (Nouveau Patio, salle des thèses, 20a rue René Descartes, Strasbourg)

AUTOUR D’ERNST STADLER, STEFAN ZWEIG ET GOTTFRIED DE STRASBOURG

MERCREDI 19 MARS – 18 h :  « Un destin foudroyé par la guerre ». Hommage à Ernst Stadler, Prix Nathan Katz du Patrimoine 2013, avec Philippe Abry, Charles Fichter, Martin Adamiec et Agathe Bischoff-Morales.
L’œuvre d’Ernst Stadler (Colmar 1883-Zandvoorde 1914) comporte quelques-uns des plus beaux poèmes qu’ait inspirés l’Alsace, en particulier l’admirable final sur les statues de l’Église et de la Synagogue de la cathédrale de Strasbourg. Cent ans après sa mort dans les premiers mois de la Première Guerre mondiale, il est grand temps de rendre hommage à cet écrivain alsacien de langue allemande, qui étudia à Oxford et à Londres, qui enseigna à l’Université Libre de Bruxelles et fut un véritable européen de culture et de cœur. En 1902, Schickele et Stadler créent avec Otto Flake la revue Der Stürmer, qui exerce une influence déterminante pour susciter en Alsace un renouveau artistique et intellectuel et secouer le joug de la culture wilhelminienne. Stadler restera l’un des amis les plus proches de Schickele, dont le rapprochent les positions vigoureusement antibellicistes. Schickele aura le temps de développer une œuvre littéraire d’une grande richesse. Fauché par la guerre à 31 ans, Stadler laisse cependant une œuvre fondatrice de l’expressionnisme, Der Aufbruch, publié en 1914. Une traduction partielle en avait été réalisée par Guillevic en 1983. Grâce au Prix Nathan Katz du Patrimoine, Philippe Abry  donne aujourd’hui la traduction intégrale de ce texte majeur. Auteur de Pour une autre histoire de la littérature alsacienne au début du XXe siècle (bf, 2010), Charles Fichter apporte un éclairage nouveau sur la figure exceptionnelle d’Ernst Stadler. Le 28 juillet 1914, Stadler, mobilisé sous l’uniforme allemand, fit ses adieux à ses amis strasbourgeois réunis dans l’atelier du peintre Henri Beeke : bien après minuit, raconte le peintre, « alors que dehors une garde renforcée faisait sa ronde, retentit soudain dans l’atelier, comme une protestation contre la guerre, la Marseillaise » (Munsterhof, 9 rue des Juifs, Strasbourg)
 
VENDREDI 21 MARS – table-ronde à 18 h et lecture à partir de 20 h : Stefan Zweig, Vers l’unification de l’Europe
Écrivain, biographe et nouvelliste à succès, mais avant tout homme en quête de liberté intérieure. La table ronde présentera des aspects de la vie et de l’oeuvre de Stefan Zweig, cet européen convaincu, à l’idéal cosmopolite d’une Europe pacifiée, vouée à la culture. Se retrouveront autour de la table Catherine sauvat, auteur de la biographie Stefan Zweig, Oliver Matuschek, professeur des universités, auteur de Stefan Zweig, drei Leben, eine Biografie, Klemens Renoldner, directeur du Stefan Zweig Centre de Salzbourg et Régine Battiston, professeur des universités. Les comédiennes Marie schoenbock, Jeanne Barbieri et Marie seux (Compagnie des Belettes) interpréteront quelques grands textes issus de l’oeuvre de Stefan Zweig.En partenariat avec la Direction des relations européennes et internationales de la Ville de strasbourg et le Consulat général d’autriche à strasbourg, dans le cadre de la Présidence autrichienne au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe (Médiathèque André Malraux, 1 Presqu’île André Malraux, Strasbourg)
 
SAMEDI 22 MARS – 12 h 30 : Remise solennelle du Prix Européen de Littérature et du Prix Nathan Katz du Patrimoine et leurs Bourses de Traduction
Le Prix Nathan Katz du Patrimoine et sa Bourse de traduction sont parrainés par le Conseil Régional d’Alsace et l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA). Né à Colmar en 1883, tué en Belgique en 1914 et enterré à Strasbourg, Ernst Stadler est l’un des poètes fondateurs de l’expressionnisme. La Bourse de Traduction est remise à Philippe Abry, pour la première traduction française intégrale du chef-d’œuvre d’Ernst Stadler, Der Aufbruch (1914) (salons de l’hôtel de Ville – 9 rue Brûlée, Strasbourg)
  
MARDI 25 MARS – 18 h 30 : Gottfried de Strasbourg : huit siècles d’amour, conférence-lecture par Peter andersen, à l’occasion du 8e centenaire du Tristan de Gottfried de Strasbourg.
À l’occasion du 8e centenaire du Tristan de Gottfried de Strasbourg, nous mettons en lumière ce grand poème alsacien. Vers 1214, alors que la guerre civile fait rage et que l’évêque envoie les hérétiques au bûcher, Gottfried glorifie les amours interdites entre Tristan et Isolde. Hérétique lui-même par son traitement novateur du sujet, il place la relation adultère sous la bénédiction divine. La conférence comportera une présentation des cryptogrammes du texte et des lectures en alsacien médiéval par Klemens Klinkau et Ulrich Fritsch. P. Andersen est directeur du Département d’études allemandes de l’Université de Strasbourg. La BNU exposera pour la première fois son parchemin fragmentaire du Tristan datant de la fin du XIIIe s. (Médiathèque A. Malraux, 1 Presqu’île André Malraux, Strasbourg)